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Depuis cinq ans, de nombreux otages français sont morts dans «l'arc de crise jihadiste»

Le village de Ait-Ouabane. REUTERS/Louafi Larbi.

Le village de Ait-Ouabane. REUTERS/Louafi Larbi.

Au printemps dernier, l’AFP s’était livrée au macabre décompte des otages français morts en captivité depuis trente ans et le décès de l’otage Michel Seurat aux mains du Jihad islamique au Liban. Une recension qui, si l'on y ajoute les cas d'exécutions sommaires, laisse apparaître une multiplication des cas de morts d’otages français aux mains des islamistes depuis cinq ans dans la zone sahélo-saharienne au sens large –dans ce que Libération appelait, il y a un an tout juste, «l'arc de crise jihadiste» d'Afrique du nord. Celle de Hervé Gourdel, annoncée par ses ravisseurs algériens des «Soldats du califat», une branche dissidente d'Aqmi, dans une vidéo rendue publique le mercredi 24 septembre, étant sans doute la plus «scénarisée» et destinée à marquer l'opinion publique, alors que la France participe actuellement aux frappes occidentales en Irak.

En juillet 2010, Aqmi avait revendiqué, trois jours après un raid français avorté pour tenter de le libérer, l’assassinat au Mali de Michel Germaneau, un ancien ingénieur de 78 ans enlevé dans le nord du Niger en avril. Son corps n’a jamais été identifié –en avril 2013, son passeport a été retrouvé par des soldats tchadiens au Nord-Mali.

Cinq mois plus tard étaient enlevés, toujours au Niger et par Aqmi, deux jeunes Français, Antoine de Léocour et Vincent Delory. Également déplacés par leurs ravisseurs au Mali, ils sont morts le lendemain de leur rapt au cours d'une intervention militaire franco-nigérienne. En janvier 2012, Libération révélait, citant le témoignage à la justice d'un des ravisseurs, que le premier otage était mort exécuté par balles tandis que le second était mort brûlé vif. Mais les circonstances de leur décès n'ont pas encore été clairement établies à l'heure actuelle.

Fin 2011, c'était le tour de Philippe Verdon et Serge Lazarevic, deux hommes en voyage d'affaires, d'être enlevés dans le nord-est du Mali. Aqmi a revendiqué en mars 2013, l'assassinat du premier nommé, tué d'une balle dans la tête, affirmant qu'il constituait des représailles envers l'intervention française au Mali. Une preuve de vie de Serge Lazarevic a été diffusée début juin 2014, où on le voit réclamer l'aide de François Hollande.

Un autre otage français enlevé en 2012 au Mali, Gilberto Rodrigues Leal, est aujourd'hui considéré mort. Son rapt a été imputé au Mujao, une autre organisation terroriste d'Afrique du nord, issue, comme les «Soldats du califat», d'une scission au sein d'Aqmi.

En novembre 2013, deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, étaient enlevés à l'issue d'une interview à Kidal, dans le nord du Mali, et retrouvés morts quelques minutes plus tard. La responsabilité du rapt a, là encore, été attribuée à Aqmi et à un de ses chefs, Adelkrim le Touareg.

Plus à l'est, plusieurs français sont morts des mains d'une autre branche du terrorisme islamiste en Afrique, les shebabs de Somalie. En octobre 2011, c'était le cas de Marie Deidue, enlevée au Kenya avant d'être transportée dans le Bas Juba, en Somalie. Puis, le 12 janvier 2013, de Denis Allex, un agent de la DGSE capturé trois ans et demi plus tôt par les shebabs, mort au cours d'un raid sanglant des services secrets français. Un évènement sur lequel les shebabs ont récemment publié une vidéo de propagande.

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