L'organisation Etat Islamique s'arrange avec l'islam comme elle l'entend

Abou Bakr Al-Baghdadi / Capture d'écran de la vidéo prise à la mosquée de Mossoul /REUTERS

Abou Bakr Al-Baghdadi / Capture d'écran de la vidéo prise à la mosquée de Mossoul /REUTERS

Des plus en plus de musulmans, des internautes comme des intellectuels, s'élèvent contre les interprétations fausses et dangereuses de l'islam par le groupe terroriste.

En deux semaines, le mouvement «Not in my name» [pas en mon nom] lancé par la fondation britannique Active Change a pris une ampleur considérable. Des musulmans du monde entier se sont réappropriés cette campagne pour dénoncer un islam violent et dangereux prôné par l'organisation Etat islamique. 

Une interpétation qui ne correspond absolument pas à la pratique et à l'idéologie partagées par la très grande majorité des musulmans. 

De nombreux intellectuels musulmans se sont également élevés contre l'islam prôné par l'organisation terroriste. 

Mercredi 24 septembre, plus de 120 intellectuels musulmans publiaient une lettre ouverte qui démonte point par point l'idéologie véhiculée par l'organisation Etat islamique, raconte le Huffington Post. Dans la version en arabe (consultable ici), les termes utilisés ont été choisis dans un registre très classique issu du Coran, utilisé également par l'organisation pour recruter des jeunes. 

Cette lettre rappelle notamment que l'islam interdit de tuer des innocents, tout comme la torture ou la conversion forcée.

Elle dénonce aussi l'utilisation que fait l'organisation Etat Islamique de certains passages du Coran pour justifier sa barbarie. 

«Il n'est pas permis de citer un verset ou une partie d'un verset sans examiner et comprendre tout ce que le Coran et les Hadiths expliquent sur ce point, rappelle la lettre. Il est impératif de concilier tous les textes, autant que faire se peut.» 

Interviewé par Vice, Muzammil Siddiqi, président du Fiqh Council of North America, une association de juristes qui a aidé à l'écriture de la lettre, insiste sur la nécessité qu'un large nombre de chercheurs prenne la parole pour dénoncer l'interprétation dangereuse de l'organisation.

Alors que le leader du groupe, Abou Bakr al-Baghdadi, a insisté sur le fait que l'immigration était nécessaire pour tenter de construire un Etat, de nombreux militants ont encouragé les femmes sur les réseaux sociaux à se rendre en Irak ou en Syrie pour fonder des familles. Mais selon le LA Times, le recrutement de ces femmes met en branle les croyances conservatrices de l'organisation qui martèle notamment qu'une femme a besoin de la permission d'un membre masculin de sa famille pour voyager ou se marrier. «Les recruteurs insistent sur le fait que l'obligation de vivre dans le califat l'emporte sur le besoin d'autorisation», explique le journaliste du LA Times

Même au sein de sa propre interprétation de l'islam, l'organisation Etat islamique se permet de petits arrangements.

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