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La Turquie cherche-t-elle à fabriquer l'arme atomique?

Lors d'une manifestation contre le nucléaire civil en Turquie, en juin 2011. REUTERS/Murad Sezer.

Lors d'une manifestation contre le nucléaire civil en Turquie, en juin 2011. REUTERS/Murad Sezer.

Sous couvert de son programme nucléaire civil, la Turquie serait en train de fabriquer une bombe atomique dans le plus grand secret, face à la menace que représentent pour elle l'Iran et Israël. C'est la thèse que soutient ardemment un expert allemand en armes de destruction massives, Hans Rühle, sur le site du quotidien Die Welt.

Preuve en est selon lui le grand intérêt que portent les services secrets allemands à la Turquie. Car comme l'a révélé l'hebdomadaire Focus fin août 2014, le service fédéral de renseignement allemand (BND) espionne la Turquie depuis 1976, époque à laquelle l'ex-chancelier social-démocrate Helmut Schmidt était au pouvoir.

Hans Rühle a lui-même dirigé l'État-major de planification du ministère fédéral de la Défense dans les années 1980 et fait référence à plusieurs reprises aux services secrets des pays occidentaux, laissant supposer qu'il a eu accès à des informations émanant des cercles fermés du renseignement extérieur.

Bien que le gouvernement turc a toujours affirmé mener seulement un programme nucléaire civil pour parer aux besoins en électricité toujours plus grands de son industrie florissante, Hans Rühle estime que «depuis un certain temps, les signes laissant à penser que le président Erdogan veut doter son pays de l'arme nucléaire se multiplient».

En 2011, Ankara a confié la construction d'un complexe de réacteurs nucléaires à l'entreprise russe Rosatom, puis, deux ans plus tard, d'une seconde centrale à Areva et Mitsubishi. Alors qu'il est coutume que les États signent un contrat avec les constructeurs qui engagent ces derniers à fournir les centrales en uranium et à retraiter leurs déchets pendant une durée de 60 ans, la Turquie n'a elle pas posé ces conditions.

Pour l'expert allemand, cela sous-entend que le gouvernement turc prévoit de produire lui-même son uranium et que le combustible nucléaire usé serait conservé dans le but d'isoler la part de plutonium impur (1%) qu'il contient afin de mettre au point une bombe au plutonium. Les relations étroites que la Turquie entretient avec le Pakistan dans le domaine de la recherche scientifique renforceraient selon lui également cette thèse, ce dernier ayant lancé un programme nucléaire dès les années 1980 avec le soutien d'Ankara.

Sur le plan militaire, la Turquie a par ailleurs démarré en 2011 un programme pour élaborer un missile moyenne portée, ce qui ne ferait pas de doute sur ses intentions militaires, avance Hans Rühle:

«Les missiles moyenne portée ne sont adaptées qu'aux armes de destruction massives, en raison de leur faible exactitude de tir et de leur charge.»

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