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Théorie du Big Bang: l'observation bouleversante de mars n'était peut-être que poussières

Repéré par Andréa Fradin, mis à jour le 23.09.2014 à 12 h 01

Repéré sur Nature, The Verge, The New York Times, Vox

La carte de poussière spatiale issue de l'analyse des données collectées par le satellite de Planck. En bleu, les régions les plus claires; en rouge, celles les plus encombrées. Le contour noir désigne la région d'observation du télescope BICEP2.

La carte de poussière spatiale issue de l'analyse des données collectées par le satellite de Planck. En bleu, les régions les plus claires; en rouge, celles les plus encombrées. Le contour noir désigne la région d'observation du télescope BICEP2.

C'était LA découverte de ces derniers mois. Présentée comme «le Saint-Graal de l'étude du cosmos», comme nous l'écrivions à l'époque, l'observation des chercheurs du Centre d'astrophysique du Harvard-Smithsonian était censée attester directement de l'inflation cosmique. Soit une partie de la théorie du Big Bang.

Sauf qu'il semblerait que de «la poussière, pour reprendre les jolis mots du New York Times, se soit glissée dans leurs yeux».

Pour rappel, ces scientifiques pensaient avoir vu des «ondes gravitationnelles primordiales». Soit la trace, l'empreinte, ou bien encore «l'écho», pour citer Terry Pratchett dans sa Science du Disque-Monde, de l'incroyable expansion de l'univers qui s'est produite il y a près de 14 milliards d'années dans la première fraction du Big Bang.

Problème: la «torsion distinctive» détectée, comme l'expliquait alors la BBC, «dans la plus vieille lumière détectable» (ou rayonnement fossile) grâce au télescope BICEP2 situé au pôle Sud ne pourrait être la manifestation que de simples poussières. Comme l'explique The Verge:

«Un nouveau rapport [...] suggère que les ondulations pourraient ne pas être les ondes qui témoignent du moment de la création de notre univers, mais simplement des nuages de poussière spatiale regroupée sous forme de spirales après avoir été polarisée par des champs magnétiques.»

Cette étude, parue ce 19 septembre, est le fruit du travail d'astronomes sur les données collectées par le satellite Planck de l'agence spatiale européenne (ESA), qui a permis de tracer une carte complète de poussière spatiale, précise le site Vox. Qui ajoute:

«Malheureusement, elle indique que la portion du ciel observée pour la découverte du mois de mars contient plus de poussière que ce qu'on pensait à l'origine –probablement assez pour créer la polarisation observée par les scientifiques.»

Si cette analyse va dans le sens des sceptiques, qui avaient exprimé leurs doutes dans la foulée de l'annonce de la découverte en mars dernier, elle ne veut pas nécessairement dire que «l'hypothèse de l'équipe du BICPE2 est incorrecte», rappelle encore The Verge. Et peut au contraire «guider les astronomes vers des régions du ciel où il y aurait de meilleures chances de détecter un tel signal primordial», poursuit Nature. 

Un nouvel examen de ces données, mené conjointement par ces astronomes et ceux du Centre d'astrophysique du Harvard-Smithsonian devrait aboutir à la fin de cette année. Et permettre de progresser un peu davantage dans cette quête de nos origines, et de celles de l'univers.

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