Monde / Économie

Les criminels financiers ne paient que rarement leurs amendes

Temps de lecture : 2 min

Plus de dix ans après sa condamnation, le «Loup de Wall Street» n'a pas fini de payer ses amendes... et il n'est pas le seul.

Jordan Belfort, auteur du livre autobiographique Le Loup de Wall Street pendant la première du film de Martin Scorcese.REUTERS/Lucas Jackson
Jordan Belfort, auteur du livre autobiographique Le Loup de Wall Street pendant la première du film de Martin Scorcese.REUTERS/Lucas Jackson

Jordan Belfort, auteur du livre autobiographique Le Loup de Wall Street, rendu célèbre par le film de Martin Scorcese, n'a payé que 10% de ses dettes depuis sa condamnation en 2003, selon The Atlantic.

L'ex-agent de change n'est pourtant pas à court d'argent. Il gagne aujourd'hui sa vie grâce à son activité de conférencier en coaching professionnel et à la vente de ses droits pour l'adaptation cinématographique du Loup de Wall Street.

Jordan Belfort n'est visiblement pas le seul à être négligent lorsqu'il s'agit de ses dettes. La Commodity Futures Trading Commission, agence fédérale indépendante chargée de la régulation des bourses de commerce, n'a en effet collecté qu'un millième des 3,7 milliards de dollars dus aux investisseurs arnaqués.

«Pensez-vous que je sois assez stupide pour avoir un compte en banque à mon nom?»

Comment ces criminels condamnés, pour la plupart milliardaires, réussissent-ils à échapper à leurs dettes? Paul Bilzerian, par exemple, qui devait 62 millions de dollars à la Commission américaine des opérations boursières, n'a jusqu'ici payé que 3,7 millions en vingt-cinq ans, laissant plus de 95% de sa dette à l'abandon.

Exaspérée, l'institution a fini par déclarer ne plus attendre d'argent de sa part, après avoir dépensé plus de 8 millions de dollars pour le contraindre à verser le peu d'argent récolté.

Le vétéran du Vietnam, qui a fait fortune dans les années 1980 en rachetant des entreprises pour mieux les revendre, a systématiquement trompé la Commission en contruisant un réseau de sociétés fiduciaires et de partenariats établis dans des paradis fiscaux.

Après avoir retardé les procureurs pendant des années avec un prétendu «dépôt de bilan», Paul Bilzerian ironisait dans une interview accordée au Wall Street Journal:

«Pensez-vous que je sois assez stupide pour avoir un compte en banque à mon nom?»

La justice américaine a déclaré que 97 milliards de dollars d'amendes étaient impayés, d'après les chiffres révélés par le Wall Street Journal. Entre septembre 2012 et septembre 2013, le ministère n'a perçu que 22% de la somme des sanctions prononcées. Un chiffre sans doute aggravé par l'insouciance des criminels financiers à l'égard de leurs condamnations, selon The Atlantic.

Slate.fr

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