Economie

De moins en moins de place en classe éco, de plus en plus en business: les sièges d'avion connaissent un «effet Piketty»

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 20.09.2014 à 13 h 09

Repéré sur The Economist, The American Prospect, BloombergView

Les sièges d'un A350. REUTERS/Fabian Bimmer.

Les sièges d'un A350. REUTERS/Fabian Bimmer.

The Economist consacre cette semaine un court article d’analyse au récent débat sur l’inclinaison des sièges dans les avions, et trace dans le titre de ce dernier, «Piketty Airways», un parallèle avec l’un des livres d’économie les plus discutés de la période récente, Le Capital au XXIe siècle de Thomas Piketty. Pourquoi? Parce que de la même façon que les richesses se sont concentrées, le confort dans les avions aussi:

«Aujourd’hui, ceux qui se trouvent dans la zone la plus économique de l’avion ont à peine la place d’ouvrir leur exemplaire du récent livre de Thomas Piketty déplorant une ère d’inégalités inédites. Et pourtant, les compagnies aériennes pensent qu’il y a encore de la marge pour comprimer davantage de corps en classe éco et que les passagers, malgré leurs protestations, le toléreront en échange de billets moins chers. Pendant ce temps-là, la classe affaires deviendra de plus en plus confortable.»

Ce n’est pas la première fois qu’une telle analogie est tracée par la presse anglo-saxonne. En mai, le magazine de gauche The American Prospect avait ainsi consacré un article à «la guerre contre les 99%» des individus les moins fortunés menée par les compagnies aériennes, en citant là aussi en exemple Piketty et un autre économiste français spécialiste des inégalités, Emmanuel Saez:

«La disposition égalitaire des sièges a disparu depuis longtemps de quasiment toutes les compagnies, [au profit d’un] modèle que nous baptiserons le modèle Piketty-Saez. Bien sûr, les compagnies aériennes ne sont absolument pas responsables de la polarisation actuelle des revenus et des patrimoines. Mais néanmoins, la disposition de leurs sièges la reflète de plus en plus, avec chaque jour davantage de place et de confort accordés aux passagers des classes affaires (dont les dépenses augmentent en proportion) et de moins en moins d’espace et de services –voire plus du tout– pour les passagers des classes économiques.»

Ce constat avait néanmoins été nuancé, à l’époque, par Megan McArdle, de BloombergView, qui avait pointé dans un post de blog qu’on n’était pas en face d’une opposition entre l’élite et les classes populaires (ceux qui souffrent le plus de cette situation, expliquait-elle, sont les membres des classes moyennes qui voyagent régulièrement pour affaires mais à qui leurs employeurs ne peuvent plus payer des billets en classes affaires) et que le fait de faire voyager plus de personnes par avion avait participé de la démocratisation du trafic aérien, autrefois réservé à cette même élite.

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