J'ai acheté l'iPhone 6 Plus, et je commence déjà à le regretter

Un iPhone 5 et un iPhone 6 Plus (Lily Newman).

Un iPhone 5 et un iPhone 6 Plus (Lily Newman).

Le nouveau smartphone de la marque à la pomme est tout simplement trop grand pour être utilisé d'une seule main, et cela en modifie complètement l'utilisation.

Alors que je faisais la queue devant une boutique de mon opérateur vendredi matin, prêt à claquer 399 dollars pour le dernier joujou d'Apple, une peur s'est insinuée dans mon esprit: que se passerait-il si l'iPhone 6 Plus était trop grand pour la poche de mon pantalon? Allais-je devoir commencer à porter un sac à main?

Ce problème n'est bien sûr pas nouveau. La moitié de la population des acheteurs de smartphone se débat avec stoïquement depuis des années: les poches des vêtements pour femmes ont tendance à être minuscules. C'est seulement avec la popularité croissante des «phablettes» comme le 6 Plus ou le Samsung Galaxy Note, en revanche, que le dilemme «poche de pantalon ou sac à main» a commencé à toucher les hommes. Évidemment, nous paniquons.

Au final, néanmoins, je n'ai pas rencontré de difficultés à glisser mon iPhone 6 Plus dans la poche de mon pantalon Uniqlo. Un de mes collègues, que ses goûts vestimentaires portent davantage vers les jeans de hipsters, a rencontré plus de difficultés quand il a fait le test avec mon nouveau téléphone. Je pense qu'il optera pour la version plus petite.

Et là, alors que je commençais à me féliciter de ne pas avoir gaspillé mon argent dans un téléphone que je ne pourrais pas transporter, un autre problème est apparu: il n'est pas facile de l'utiliser d'une seule main.

Au fil des années, je m'étais accoutumé à l'idée qu'utiliser un smartphone était une tâche qui ne requérait qu'une main. Non seulement pouvais-je tenir confortablement mon iPhone 5 dans la paume, mais les extrémités de mes doigts atteignaient les coins de l'écran sans difficulté. Je réussissais même des homeruns d'une seule main sur mon jeu de base-ball préféré.

Temps doublé

Ce n'est plus le cas. Le simple fait de taper son mot de passe pour déverrouiller son iPhone 6 Plus nécessite soit une seconde main soit des talents d'acrobatie manuelle. Atteindre les boutons placés en haut de l'écran –vous savez, ces choses basiques comme «Messages», «Photos», «Appareil photo»– est impossible, sauf à avoir une main géante.

Quand Apple a annoncé la sortie du 6 Plus, j'avais noté qu'il avait prévu une fonctionnalité permettant de faire descendre les boutons à la moitié de l'écran en appuyant deux fois sur le bouton «Home». Je n'avais pas anticipé que j'allais rapidement m'appuyer sur cette fonctionnalité pour quasiment tout ce que j'ai besoin de faire avec mon téléphone.

Avant, pour ouvrir l'application Gmail et écrire un message, j'avais besoin de faire ces trois choses: 1. Appuyer sur le bouton pour ouvrir l'application 2. Appuyer sur le bouton «Écrire un message» 3. Commencer à écrire.

Maintenant, il me faut: 1. Appuyer deux fois sur le bouton «Home» pour amener le bouton Gmail à portée de doigt 2. Appuyer sur le bouton pour ouvrir l'application 3. Appuyer deux fois sur le bouton «Home» pour amener le bouton «Écrire un message» à portée de doigt 4. Appuyer sur le bouton «Écrire un message» 5. Commencer à écrire.

La différence peut paraître mince, mais elle ne l'est pas si vous utilisez beaucoup votre téléphone: elle double quasiment le temps qu'il faut pour accomplir certaines tâches. Et si la double pression sur le bouton «Home» permet plus facilement d'atteindre le haut de l'écran, il reste compliqué d'en atteindre les côtés sans faire tomber le téléphone. Deux des personnes à qui je l'ai prêté un court instant ont réussi à le faire tomber dans les 30 premières secondes.

Pleine concentration

La solution évidente, je l'ai bien compris, est simplement d'utiliser le téléphone à deux mains. L'iPhone 6 Plus fonctionne merveilleusement bien en mode «paysage» et on profite pleinement de son grand écran quand il s'agit de lire des articles, regarder des vidéos ou jouer à des jeux. Son autonomie, annoncée comme étant significativement plus élevée que celle de l'iPhone 6, a été un argument de vente très important pour moi.

Comme le Galaxy Note, c'est un téléphone qui sera autant adoré par les uns que moqué ou rejeté par d'autres. Contrairement au Galaxy Note, néanmoins, le 6 Plus n'est pas vendu avec un stylet, ni explicitement marketé comme un compromis entre un téléphone et une tablette. Alors qu'aucun utilisateur du Samsung ne sera surpris de devoir utiliser son téléphone de manière inélégante, les Applemaniaques, à l'inverse, ont peut-être été endoctrinés par la marque à croire qu'elle ne leur vendrait jamais un téléphone qui ne paraîtrait pas parfaitement adapté à leur main.

Un téléphone que vous devez utiliser à deux mains est un téléphone qui demande votre pleine concentration. Ce n'est plus un téléphone que vous pouvez sortir de votre poche et regarder machinalement entre deux autres tâches. Ce n'est plus un téléphone avec lequel vous pouvez parcourir rapidement vos messages tout en portant un sac de courses ou en vous agrippant à la barre du métro. Et peut-être que c'était l'objectif d'Apple depuis le début: posséder un téléphone gigantesque peut constituer l'incitation nécessaire à l'achat d'une montre intelligente à 350 dollars.

Je n'écarte pas la possibilité que je devienne un jour suffisamment habile dans le maniement du 6 Plus pour que ses qualités ne commencent à dissimuler ses limites. Mais pour l'instant, je n'écarte pas non plus celle d'être de retour au magasin d'ici deux semaines pour l'échanger contre quelque chose de plus pratique.

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