Monde

Une infirmière turque refuse de continuer à soigner des militants de l'Etat islamique

Temps de lecture : 2 min

À la frontière turco-syrienne, en janvier 2014. REUTERS/Amer Alfaj.
À la frontière turco-syrienne, en janvier 2014. REUTERS/Amer Alfaj.

Une infirmière vient d'envoyer une lettre au Parlement et à la police nationale turque pour exprimer son refus de soigner des militants de l'Etat islamique:

«Nous les soignons, et après ils vont décapiter des gens. J'en ai assez de m'occuper des militants blessés de l'Etat islamique.»

L'infirmière, qui ne s'est identifiée que par ses initiales, E.G., travaille dans un hôpital privé de la ville de Mersin, sur la côte méditerranéenne du pays.

Selon elle, la plupart des nouveaux blessés admis à l'hôpital font partie de l'Etat islamique, et beaucoup sont enregistrés sous de faux noms:

«J'ai été bouleversée d'apprendre cela. Je suis très perturbée par le fait que ces gens sont pris en charge dans nos hôpitaux alors que par ailleurs, ils détiennent des citoyens turcs

Les extrémistes sunnites de l'Etat islamique ont en effet pris 46 Turcs en otage ces trois derniers mois:

«Un commandant de l'EI dénommé Muhammet Ali R. a été admis dans notre hôpital le 7 août, et a été soigné dans la chambre 323. Ses gardes du corps étaient là pour le surveiller. De nombreux autres commandants et soldats de l'EI ont été pris en charge, et sont ensuite repartis faire la guerre. Je ne veux pas aider ces gens. Je vous demande d'inspecter ces hôpitaux. Les propriétaires de l'hôpital devront en répondre devant Dieu.»

En août dernier, un commandant de l'Etat islamique avait en effet confié au Washington Post que de nombreux militants, parfois même des leaders de l'organisation terroriste, étaient soignés dans des hôpitaux turcs proches de la frontière syrienne.

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