Monde

L’ancien président de Géorgie vit en exil à Brooklyn, où il fait du vélo, va au marché et prépare son retour au pouvoir

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 20.09.2014 à 8 h 29

Repéré sur The New York Times

L'ancien président géorgien Mikheïl Saakachvili, en mars 2014. REUTERS/Gleb Garanich.

L'ancien président géorgien Mikheïl Saakachvili, en mars 2014. REUTERS/Gleb Garanich.

Depuis qu’il a perdu les élections de 2013 et que l’actuel gouvernement a lancé un mandat d’arrêt contre lui, l'ancien président géorgien Mikheïl Saakachvili vit en exil dans le quartier branché de Williamsburg à Brooklyn, où son oncle est propriétaire d'un appartement de luxe.

Il fait du vélo, traîne dans les cafés et les marchés locaux et écrit des éditoriaux sur l’Ukraine. Comme la plupart des anciens présidents, il s'occupe aussi en prononçant des discours («très bien payés», précise-t-il), en rédigeant ses mémoires et en travaillant à la création d'un think tank à Washington.

Saakachvili, qui était une des bêtes noires de Vladimir Poutine et dont le pays a été en guerre contre la Russie en 2008, a déclaré au New York Times que l'actuel conflit en Ukraine signalait «la fin de Poutine» et que son propre rôle en Géorgie allait être réévalué de manière plus positive.

Plusieurs photos accompagnent ce portrait, et l’ancien leader de la «Révolution des roses» apparaît très décontracté: on le voit boire le lait d’une noix de coco dans un marché en plein air et se balader avec son vélo en short rouge et baskets fluo. 

Sa vie sociale new-yorkaise ne l’empêche pas de continuer à frequenter des gens importants, comme le sénateur John McCain, Bill Clinton ou encore Nicolas Sarkozy, qui devrait lui rendre visite à la fin du mois.

Grand défenseur du libre-échange, il admire les talents entrepreneuriaux des habitants du quartier:

«Ce sont des hipsters, mais ils gagnent beaucoup d’argent et ils ont un mode de vie agréable. Ils ne sont pas du tout marginaux.»

Dans l'article, le journaliste Jason Horowitz remarque qu’en tant que leader d’une transition entre un système post-soviétique corrompu et une démocratie proche de l’Occident, Saakachvili a tendance à tout interpréter en termes de «transition démocratique»: son bar préféré, le Cafe Mogador, dans l'East Village à Manhattan, est très «démocratique» et Williamsburg fait partie de la «transformation démocratique» de New York.

Sa femme et son fils cadet sont restés en Géorgie, alors que son aîné –vainqueur du record mondial de rapidité d’écriture sur iPad en 2011– fait ses études dans une université américaine.

Saakachvili ne peut pas retourner vivre dans son pays car il refuse de se présenter devant les enquêteurs. En Géorgie, le gouvernement l'accuse d'avoir détourné des fonds publics pour payer, entre autres, des frais de botox, la location d'un yacht en Italie et de l'art contemporain vaguement érotique. Il est aussi poursuivi pour abus de pouvoir et recours excessif à la force lors de manifestations. Le Haut Représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère, Catherine Ashton, avait indiqué que certaines de ces accusations semblaient motivées par une volonté de vengeance politique (mais probablement pas toutes).

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