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Après la victoire du «non», l'Écosse va avoir plus de pouvoirs... mais aussi moins

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Londres devrait lui accorder une dévolution plus poussée, mais aussi interdire à ses députés de voter sur les questions spécifiquement anglaises.

Devant les Chambres du Parlement à Londres, le 18 septembre 2014. REUTERS/Luke MacGregor.
Devant les Chambres du Parlement à Londres, le 18 septembre 2014. REUTERS/Luke MacGregor.

Après la victoire finalement assez large du «non» lors du référendum sur l’indépendance du jeudi 18 septembre (55,42% contre 44,58% pour le «oui»), l’Écosse va bientôt disposer de plus de pouvoirs… mais certains de ses élus d'un peu moins.

Le gouvernement devrait en effet décider que les membres du Parlement élus dans les circonscriptions écossaises ne seront plus autorisés à voter sur les lois concernant la seule Angleterre, par exemple en matière de santé, d’éducation et de fiscalité. Une réponse aux inquiétudes de certains élus conservateurs sur les pouvoirs supplémentaires accordés au gouvernement écossais, même si, d’après le Telegraph, le Premier ministre britannique David Cameron devrait rejeter les appels à la constitution d’un Parlement anglais séparé. Des pressions existent également au sein du parti conservateur en vue d’une révision de la «Barnett formula», un mécanisme qui garantit un certain niveau de dépenses publiques supplémentaires (évalué à 1.200 livres sterling par habitant) en faveur de l’Écosse.

Dans sa déclaration post-référendum, David Cameron a expliqué que son gouvernement tenterait de parvenir à un «réglement équilibré, juste envers les habitants de l'Écosse mais aussi envers tous ceux d'Angleterre, du Pays de Galles et d'Irlande du nord» et que la question des «votes anglais pour les lois anglaises» avait besoin d'une «réponse définitive». «Si des décisions sont prises qui n’affectent que les gens en Angleterre, ou seulement les habitants d’Angleterre, du Pays de Galles et d’Irlande du Nord, nous devons respecter plus clairement les vœux des habitants de ces pays», avait auparavant déclaré Michael Gove, l'un des chefs de file des députés Tories, originaire d'Écosse. Quant à Boris Johnson, le médiatique maire de Londres, il avait résumé la situation dans une formule imagée sur Sky News: «Ne mettons pas davantage de sauce sur l’oie avant d’en avoir mis sur le jars.»

Notre journaliste Daphnée Denis avait développé cette «question anglaise» dans un article publié juste avant le vote:

«Si l’Ecosse demeure dans le Royaume-Uni tout en obtenant des pouvoirs "beaucoup plus étendus", comme cela lui a été promis par les leaders politiques britanniques, l’Angleterre risque de se sentir bien seule. Car depuis la fin des années 1990, les députés écossais, gallois et irlandais peuvent unilatéralement influencer la politique anglaise sans que les Anglais ne puissent rien y faire.»

Outre-Manche, on appelle cela la «West Lothian Question»: peut-on autoriser les députés non-anglais à voter sur des questions essentiellement anglaises? Une question d’autant plus brûlante que si la majorité à Westminster est conservatrice, les travaillistes dominent de manière quasiment hégémonique les circonscriptions écossaises.

Selon le Guardian, la loi approfondissant la dévolution de pouvoirs envers l'Écosse devrait attendre les prochaines élections générales, qui sont prévues en mai 2015.

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