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Pourquoi les compagnies aériennes européennes veulent abandonner les vols domestiques au low cost

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 17.09.2014 à 11 h 37

Repéré sur Bloomberg, Business Week

Vue sur le tarmac de l'aéroport Marseille-Provence, le 16 septembre 2014. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Vue sur le tarmac de l'aéroport Marseille-Provence, le 16 septembre 2014. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Alors que les deux syndicats de pilotes d’Air France ont entamé une grève lundi 15 septembre pour contester les conditions de travail dans la filiale low cost de la compagnie, Transavia France, les Allemands de Lufthansa ont eux aussi manifesté leur mécontentement mardi 16 lors d’une grève de huit heures, la quatrième ces derniers mois, avec un total de 4.400 vols annulés.

Même si officiellement ces derniers protestent uniquement contre les conditions de leur retraite, ces mouvements sociaux inhabituels de part et d’autre du Rhin sont les révélateurs d’une même inquiétude qui prend sa source dans un mouvement de fond: la réorganisation des grandes compagnies européennes pour rester compétitives.

Car «les deux transporteurs, écrit Bloomberg, ont perdu de l’argent dans les opérations de vols courts pendant des années, et transfèrent plus d’activité vers leurs filiales à bas coût, un mouvement contesté par les employés soucieux de leur avenir».

Ce basculement ce confirme chez Transavia France, dont la flotte devrait passer à 100 appareils en 2017. Face au modèle des compagnies low cost, il faut couper les coûts, et vite, explique le magazine économique. Or les pilotes de la compagnie française exigent que ceux qui volent pour la filiale low cost aient les mêmes conditions de travail et les mêmes salaires que leurs confrères d’Air France.

La compagnie espagnole Iberia, qui dépend du groupe IAG (qui possède également British Arways), n’est pas épargnée avec un plan de départs volontaires de plus de 15.00 personnes annoncé en juillet 2014. Une situation «emblématique des infortunes des compagnies aériennes européennes», selon le Financial Times. 

Un article de Business Week publié peu avant la grève à Air France donne à ces mouvements un caractère structurel: «Les plus grosses compagnies aériennes à travers l’Europe trouvent difficiles de faire de l’argent dans leurs propres arrière-cours», analyse le magazine.

En clair, elles «ne veulent plus voler en Europe», continent où 45% des vols selon France Info sont réalisés par les compagnies low cost. Il s’agit en particulier des lignes qui ne sont pas situées sur un des hubs des compagnies, leurs principales plateformes de correspondance d’où décollent et attérissent leurs vols long-courriers. Le portefeuille de marques devrait donc être réorganisé chez Air France-KLM comme chez ses voisins: le low cost pour les vols domestiques et le vol de prestige pour les long-courriers. 

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