Tech & internet

Sur le harcèlement en ligne, Facebook, Twitter et Youtube sont à la traîne

Repéré par Léa Bucci, mis à jour le 17.09.2014 à 14 h 33

Repéré sur The Washington Post, Time.com

 Johan Viirok via Flickr CC License by

Johan Viirok via Flickr CC License by

À la chasse aux harceleurs, les géants du web américain sont de piètres shérifs. Selon le Washington Post, un rapport met en lumière le manque de dynamisme dont font preuve Facebook, Twitter et YouTube lorsqu’il s’agit de modérer les abus en ligne. Financée en partie par le gouvernement néerlandais, l’étude a été menée par l’Association pour le progrès dans la communication (APC), dans le cadre de son programme pour les droits des femmes, «Take back the tech».

L’association a passé au crible les différentes politiques d’utilisation des trois sites, et leurs déclarations publiques à propos des violations survenues sur leur plateforme durant les cinq dernières années, au niveau international. Elle s’est attachée aux violences en ligne dont les victimes sont des femmes.

Le rapport revèle une réticence globale des trois géants du web à s’engager dans la lutte contre le harcèlement. Aucun ne prend position pour la défense des droits humains fondamentaux et aucune mesure n’est prise en amont. La réaction intervient seulement lorsque le scandale devient public et donc inévitable.

De même, la modération ne s’appuie que sur les contenus signalés comme abusifs ou inappropriés par les internautes. Selon SkyNews, Sinead McSweeney, directrice de la politique publique de Twitter en Europe, déclarait en juillet:

«Avec 50 millions de tweets par jour, la réponse évidente est non, il n’est pas possible de surveiller le contenu».

YouTube et consorts restent extrêmement flous sur la manière dont sont gérés les abus rapportés. Tout juste apprend-t-on que Facebook déploie une équipe active 24 heures sur 24 et promet à ses utilisateurs d’examiner les plaintes dans un délai de 72 heures. Sara Baker, coordinatrice de «Take back the tech», souligne un manque de transparence commun aux trois sites dans le processus de traitement:

«Nous aimerions beaucoup voir des chiffres tels que combien de gens rapportent des abus, leurs données démographiques générales (y compris le pays et la langue) et les résultats globaux de ces dénonciations. Nous voulons aussi en savoir plus sur les personnes qui prennent les décisions en coulisses. Dans quels pays vivent-elles? Comment sont-elles formées?»

Ces informations seraient d’autant plus pertinentes que l’APC évoque un manque de prise en compte du contexte de chaque pays dans la modération. Le Time rappelle par ailleurs que la majorité des employés de Facebook, Twitter et Google (propriétaire de YouTube depuis 2006) -et donc des personnes susceptibles de gérer ces questions- sont des hommes.

Et les plateformes ont tout intérêt à rester nébuleuses sur le sujet. L’absence de données ne permet pas de vérifier l’efficacité de la lutte contre le harcèlement en ligne, ni de mettre les géants du web face à leurs responsabilités envers les utilisateurs.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte