Pourquoi tant de noyades en France?
On recense trois morts par jour en moyenne depuis le 1er juin.
- -
Cette année, entre le 1er juin et le 9 août, l'InVS a d'ores et déjà recensé 657 noyades accidentelles, dont 217 sont à l'origine d'un décès soit en moyenne 3 morts par jour. Depuis le début du mois de juin, 61 jeunes de moins de 20 ans sont morts, et parmi eux 21 enfants de moins de 6 ans, dont 13 en piscine privée familiale, précise l'InVS. Quant à la proportion de morts parmi les noyés elle reste stable de l'ordre de 33%. La veille sanitaire étant ce qu'elle est nous savons que parmi les 657 cas de noyades 51% se sont produits en mer, 21% en piscine (tous types confondus), 11% en plan d'eau, 12% en cours d'eau et 4% dans des baignoires ou des bassins.
Pour l'ensemble de l'année 2006 la même enquête avait dénombré au total 1207 noyades accidentelles dont 401 décès (33%). Les enfants de moins de 6 ans représentaient 15% des victimes (178 noyades, dont 38 suivies de décès). Les plus de 45 ans ont représentaient quant à eux 44% des victimes (528) et ont contribué pour 59% aux décès (233). Les noyés étaient alors de sexe masculin dans 65% des cas.
Or pour l'InVS comme pour l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), il ne faut voir dans ces chiffres aucune fatalité mais bien la traduction d'une absence de vigilance et d'un méconnaissance des mesures simples de prévention; des mesures qui presque toujours permettent d'éviter le drame. Ainsi donc faut-il une nouvelle fois redire l'essentiel tant aux nageurs qu'à leur proches et tout particulièrement aux parents des enfants qui découvrent la natation.
D'abord faire la part entre se baigner en zone surveillée ou pas. La zone surveillée signifie, par définition, la présence de professionnels du sauvetage et donc la certitude être secouru plus rapidement en cas de problème. Mais choisir de se baigner dans des zones surveillées ne doit pas faire l'économie de se renseigner sur la nature des vagues, des courants et des marées dans le secteur où l'on se trouve.
Ensuite, bien évidemment, il est impératif de respecter les consignes de sécurité signalées par les trois couleurs des drapeaux de baignade: vert (baignade surveillée et absence de danger particulier); jaune (baignade dangereuse mais surveillée); rouge (interdiction de se baigner).
Enfin, bien prendre conscience de son état, de son âge et de sa forme physique. Pas d'eau après une consommation d'alcool, un repas copieux, une exposition inconsidérée au soleil. Ne pas se baigner non plus en surestimant avantageusement son niveau réel de natation: il est toujours plus difficile de nager en milieu naturel (mer, lac, rivière) qu'en piscine.
Pour finir. Entrer progressivement dans l'eau; prendre garde aux vagues de forte amplitude et au phénomène dit de «machine à laver»). En cas de danger, ne cherchez pas à lutter contre le courant et les vagues jusqu'à l'épuisement. En cas de fatigue, nager sur le dos, position permet de dégager les voies aériennes et de respirer normalement pour pouvoir appeler de l'aide.
Vis-à-vis des enfants milieu naturel ou piscine, être toujours à leur côté quand ils jouent au bord de l'eau et se baigner en même temps qu'eux. «S'ils ne savent pas nager, équipez-les de brassards adaptés à leur taille et portant la norme NF 1311138-1, conseille l'Inpes. Attention, les bouées et autres matelas pneumatiques ne protègent pas de la noyade.» Les piscines privées en plein air doivent être équipées d'un dispositif de sécurité: barrière, couverture, abri de piscine ou alarme sonore. Ces dispositifs ne remplacent pas la surveillance active et permanente des enfants et ils sont loin d'être tous véritablement esthétiquement adaptés à des piscines de rêve. Mais a-t-on le choix entre la quête de l'esthétique et la prévention de la mort d'un enfant retrouvé noyé dans une piscine?
Jean-Yves Nau
Image de Une: Drapeau rouge sur une plage d'Honolulu Reuters
Mis à jour le 14/08/2009 à 12h18














































Une remarque car le sujet n'est pas abordé, les effectifs des sauveteurs en mer ?
En début de vacances et comme chaque année depuis quelques années les jounaux tv parlaient d'une diminution du nombre de sauveteurs en mer (CRS ) sur les plages ...
n'y aurait il pas un rapport de causes à effets ?
un rapport du genre: moins de personnes donc moins de plage surveillées, donc plus de personnes sur des plages non surveillées (ou en dehors des heures de surveillances ?)
Concernant les noyades en mer, il faut avancer également les coupes dans le budget de la sécurité par le gouvernement notamment sur les plages : "on comptait 647 CRS sur les plages françaises en 2007 contre seulement 495 cette année. Quand une commune n'a pas de CRS, elle doit faire appel à des sauveteurs civils ou des pompiers qui n'ont pas la même autorité pour obliger un baigneur de sortir de l'eau en cas de météo difficile. Cette économie indigne conduit à la prise d'arrêtés par des maires interdisant la baignade, ou à une hausse du risque d'accidents. Ce fait est symptomatique d'une fausse idée selon laquelle la droite est garante de plus de sécurité, car que ce soit à la plage ou dans les quartiers difficiles, ses dogmes libéraux la conduisent à réduire au maximum les coûts essentiels de la collectivité jusqu'à mettre en danger les citoyens".
http://olivier-amiel.over-blog.fr/article-34586129.html
Pour moi la première cause est sociale : la démocratisation des piscines privées, qui fait augmenter de manière mathématique le risque d'accidents. La seconde cause est comportementale : l'obligation de s'équiper d'un dispositif de sécurité a eu pour effet pervers d'inscrire dans l'imaginaire collectif le fait que ce dispositif pouvait se substituer à une surveillance de visu. Résultat les accidents en piscines privés ont tous eu lieu alors qu'un tel disositif était présent. (parenthèse pour dire qu'il serait intéressant de savoir a contrario combien de décès ont été évités grâce à cette réglementation).
Alors que faire ? Premièrement pousser les parents et les enfants à apprendre à nager au plus tôt ! Ensuite ne plus rendre obligatoire ces dispositifs de sécurités.
Quant aux effectifs des sauveteurs en mer, je crains qu'hélas on ne puisse établir de relation. Souvent l'accident a lieu dans des zones non surveillées, ou bien à des heures où cette surveillance est absente.
Comme toujours le libéralisme en prend encore un coup dans la tronche lorsqu'il faut expliquer tel ou tel manquement ou accident sociétal...c'est si commode et idéologiquement ça ne mange pas de pain.
À mon avis c'est aux communautés de communes, aux districts et aux Conseils Généraux de prendre les mesures normales de sécurité. C'est ainsi, on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre et les Présidents de ces institutions sont mariés avec la crémière depuis longtemsp déjà!
C'est la dévolution, la décentralisation, les leviers de pouvoir et de décisions désormais entre les mains des Départements qui exigent d'eux qu'ils soient à la hauteur de leurs responsabilités, enfin...
Ce qui est terrible (notamment dans le cas de la déplorable tragédie de Trouville) c'est que ce sont souvent nos concitoyens d'origine étrangère ou récemment installés en France (ou tout simplement nos frères humains étrangers) qui souffrent le plus d'événements de ce genre et dans le cas des plus jeunes, d'accidents domestiques. il y a beaucoup d'études qui recoupent ces conclusions, je suis surpris que l'auteur de l'article n'en fasse pas mention.
A part la surveillance indispensable qu'il faut accorder aux enfants, il y a un moyen de leur faire pendre conscience du danger qu'ils courent.
Je me souviens de ce jour d'été où nous étions à la piscine et où notre petit garçon de 3 ans voulait à toute force sauter dans l'eau comme tous les autres. De guerre lasse, mon mari qui était dans l'eau, lui cria : "Eh bien, saute !" L'enfant sauta, disparut dans l'eau, but un bon bouillon et fut rattrapé par son père. A peine avait-il émergé, tout suffoquant, de l'eau qu'il s'écria indigné : "Papa, tu as voulu me noyer !"
Plus jamais il n'eut envie de sauter dans l'eau, jusqu'à ce qu'il sût nager.
En lisant le télétexte des chaînes de télévision, on tombe souvent sur cette information : "un enfant s'est noyé ici ou là" ou bien, on place en info. n° un dans le journal télévisé, tel accident lié à un sport nautique ; on interviewe les parents éplorés qui disent qu'ils vont porter plainte...etc...
Bien-sûr, ces morts sont dramatiques pour les familles, mais ce ne sont pas des événements, juste des faits divers.
Est-ce que l'on parle de tous les autres enfants qui, dans la même journée, meurent de faim ou de maladie dans le reste du monde ? De ceux qui travaillent comme des esclaves dans les souks du Maroc ? Ceux-là ont peu de risques, dans leur vie d'enfant, de mourir noyés dans une piscine privée...
Si les parents s'occupaient mieux de leur progéniture et les surveillaient, ces accidents ne se produiraient pas. Il y a aussi une espèce de surenchère ridicule, aujourd'hui, dans les sports dangereux. Si les moniteurs se contentaient de proposer aux enfants de belles randonnées pédestres à la découverte de la nature, ces accidents ne se produiraient pas.
Dans mon pays natal, la Cornouailles (GB) il y a une plage très dangereuse située sur un estuaire avec des bancs de sables mouvants et de fortes marées.
Dans mon enfance il y avait plusieurs noyades tragiques. Mon cousin a failli y passer.
Un jour la municipalité a posé une nouvelle affiche d’avertissement :
SI VOUS VOUS BAIGNEZ ICI VOUS SEREZ NOYÉ !
Le taux d’accidents a chuté dramatiquement !