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Au lieu d'augmenter les salaires des femmes de chambre, les hôtels Marriott demandent aux clients de laisser des pourboires

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 16.09.2014 à 10 h 26

Repéré sur Associated Press, Think Progress, LA Times

Par Alan Light; Mariott Hotel, Coralville, Iowa, via Flickr

Par Alan Light; Mariott Hotel, Coralville, Iowa, via Flickr

Le PDG des hôtels américains Marriott veut aider les femmes de chambre qui travaillent pour sa chaîne. Mais au lieu d'augmenter leur salaire, il a lancé une campagne pour encourager les clients à leur laisser des pourboires.

L'initiative s'appelle «L'enveloppe s'il vous plaît» et a été créée en partenariat avec Maria Shriver, l'ex femme d'Arnold Schwarzenegger. De nombreux voyageurs ne savent pas qu'il faut laisser un pourboire, et il y a un gros effort d'education à faire, explique Shriver. Cette semaine, des enveloppes seront placées dans 160.000 chambres Marriott en Amérique du Nord. 

Dedans, on pourra lire ce message: 

«Nos employés de ménage attentionnés sont contents d'avoir assuré le confort de votre séjour. Vous pouvez leur laisser un pourboire pour montrer que vous avez apprécié leurs efforts». 

Le salaire des femmes de chambre Marriott est variable. Une petite minorité de ces employés est syndiquée (à Washington) et gagne 14 euros de l'heure, mais pour la grande majorité, la moyenne est plutôt de l'ordre de 7 euros de l'heure.

Le PDG Arne Sorenson, qui gagne environ 5.5 millions d'euros par an, suggère aux clients de laisser entre 1 et 3 euros par nuit, selon le prix de la chambre. 

Aux Etats-Unis, il est quasiment obligatoire de donner à votre serveur un pourboire d'environ 15% du prix de votre repas au restaurant (leur salaire minimum horaire est moins élevé que celui des autres professions) mais pour les femmes de chambre, le pourboire n'est pas généralisé. 

En lançant cette campagne pleine de bonnes intentions, Marriott s'est inévitablement exposé à ce genre de question: votre chaîne génère près de 500 millions d'euros de profit en un an, alors pourquoi demander aux clients de payer plus alors qu'il vous suffirait d'augmenter les salaires? 

Depuis quelques années à travers le pays, des employés de fast food, de l'hôtellerie et de la grande distribution ont fait plusieurs grèves pour demander une augmentation du salaire minimum. Dans ce contexte, demander aux clients de compenser les bas revenus des travailleurs n'était probablement pas une bonne idée.

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