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«Combien de temps passez-vous à vous maquiller?», et autres questions indiscrètes pour décrocher un job en Corée du Sud

Repéré par Léa Bucci, mis à jour le 15.09.2014 à 12 h 26

Repéré sur Quartz, The Wall Street Journal

REUTERS/Kim Hong-Ji.

REUTERS/Kim Hong-Ji.

L’épreuve de l’entretien d’embauche consiste souvent à répondre à des questions plus ou moins convenues: «Pourquoi voulez-vous travailler pour nous?», «Où vous voyez-vous dans cinq ans?», etc. Si l’on postule en Corée du Sud, l’exercice est moins consensuel, mais surtout beaucoup plus inquisiteur, selon le site Quartz, qui vient de relayer une liste de questions susceptibles d’être posées par les employeurs.

Compilées par le blog sud-coréen Tistory, celles-ci montrent que les entreprises s’intéressent de très près aux aux habitudes de vie de leurs futurs employés. Y compris celles qui ne les regardent pas:

«Quelle dose d’alcool supportez-vous?»

 

«Combien d’amis proches avez-vous?»

 

«S’il vous plaît, dites-moi à quelle heure vous vous couchez et vous vous réveillez?»

 

«Comment prévoyez-vous de dépenser votre première paie?»

 

«Vous êtes-vous déjà trouvé dans une situation où vous vous êtes senti désespéré?»

Sur Reddit, un utilisateur témoignait, il y a trois mois, de son expérience d’expatrié candidat à un travail en Corée du Sud:

«J’ai vécu quelque chose comme ça quelques années en arrière. [...] Je suis allé à mon entretien à l’établissement de soutien scolaire pour lequel j’ai travaillé [...], je l’ai trouvé étrange de par le type de questions personnelles qu’ils m’ont posées. Ce que faisait mon père, le travail et la réputation de mon grand-père, ce que faisait ma famille au sens large. [...] Plus tard, le directeur a rendu cette histoire publique et a utilisé le bouche-à-oreille pour me promouvoir et remplir mes cours.»

Pour les femmes, l’indiscrétion passe au stade supérieur. Selon Tistory, elles seraient soumises à des interrogations supplémentaires sur leur intimité. Avec un sexisme à peine dissimulé:

«Avez-vous un amant?»

 

«Que pensez-vous des relations hommes-femmes?»

 

«Que ferez-vous concernant votre travail si vous vous mariez?»

 

«En tant que femme, souhaitez-vous être dirigeant?»

 

«Combien de temps passez-vous à vous maquiller le matin?»


La collecte d’informations personnelles avant une embauche n’est pas neuve en Corée du Sud, mais elle commence à être contestée. En juin dernier, le processus de recrutement de la Hana Bank, l’une des plus grosses institutions financières du pays, a  ainsi créé la controverse, selon Hankyung.com, traduit par Koreabang.com. La banque a en effet demandé à ses potentiels stagiaires de fournir les dossiers scolaires des membres de leur famille et d’indiquer la position sociale de ces derniers. Les candidats y ont vu une porte ouverte à la discrimination. La Hana Bank s’est défendue en affirmant que cette partie du questionnaire n’était pas obligatoire et a fait marche arrière:

«Nous effacerons cette section ainsi que toutes les informations familiales que nous avons déjà reçues. S’il y a un autre malentendu, nous y répondrons et le corrigerons immédiatement.»

En décembre 2013, le Wall Street Journal évoquait l'examen d’un projet de loi visant à limiter la collecte d’informations personnelles sur les postulants à un emploi: les entreprises doivent renvoyer à un candidat les documents comportant ses informations personnelles dans un délai de 14 jours, à leurs frais. Les petites et moyennes entreprises, notamment, seraient particulièrement friandes de détails tels que le poids, le groupe sanguin ou la religion.

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