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En cas de voyage interstellaire, les conjoints d'astronautes devront-ils leur être fidèles?

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 12.09.2014 à 18 h 08

Repéré sur Wired

L'astronaute Mike Hopkins, le 27 décembre 2013. REUTERS/NASA/Handout via Reuters.

L'astronaute Mike Hopkins, le 27 décembre 2013. REUTERS/NASA/Handout via Reuters.

Dans le futur, quand des astronautes voyageront hors de notre système solaire pour une expédition qui prendra beaucoup plus de temps vue de la Terre que de l'espace, faudra-t-il que leurs conjoint(e)s leur restent fidèles depuis notre bonne vieille planète?

C’est à cette question essentielle que Jon Mooallem de Wired, auteur de la chronique «Mr. Know-It-All» («M. Je-sais-tout»), s’attaque avec l’aide de Mary Roach, auteure du best-seller Packing For Mars, consacré aux aspects inattendus du voyage spatial.

Et la réponse de cette dernière, telle que rapportée par lui, est claire, c’est non:

«L’astronaute qui reviendra d’un voyage dans une autre galaxie sera encore relativement jeune et séduisant (car il aura voyagé à une vitesse proche de celle de la lumière, donc pour lui, le voyage n’aura pas pris si longtemps) là où son conjoint resté à la maison aura vieilli, se sera fané, attendant sur une planète qui aura continué de tourner imperturbablement.»

Ce postulat est aussi celui du «paradoxe des jumeaux», qui voit un homme parti dans l’espace voyager à une vitesse proche de celle de la lumière pendant que son jumeau reste sur Terre: à son retour, le «voyageur» est plus jeune que l’autre.

Pour situer à quel point cela mettra un couple dans une situation difficile, il suffit de se souvenir du destin conjugal des astronautes des missions lunaires, qui duraient pourtant au sens strict (il faut y ajouter des mois de préparation) une douzaine de jours. Dans son livre Apollo Moon Missions: The Unsung Heroes, Billy Watkins pointe que «malgré toute la gloire qui lui est associée, le programme Apollo a mis une pression énorme sur les familles impliquées. Seulement deux des 24 voyageurs lunaires étaient célibataires au moment du vol: douze des vingt-deux hommes mariés ont plus tard divorcé».

Pour l’instant, le couple qui a été le plus longtemps séparé par une mission spatiale est celui formé par le Russe Valeri Poliakov, qui a passé 437 jours à bord de la station Mir entre janvier 1994 et mars 1995, et sa femme.

Dans son livre Leaving Earth: Space Stations, Rival Superpowers and the Quest for Interplanetary Travel, Robert Zimmermann décrivait les pensées de l’astronaute au moment de son retour sur Terre:

«Alors qu'il était assis sur sa chaise roulante et contemplait les paysages plats du Kazakhstan, ses pensées se fixaient sur trois choses: des cigarettes, de l’alcool et sa femme.»

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