Le nombre de librairies indépendantes augmente aux Etats-Unis, et les jeunes lisent davantage

Une librairie américaine / Martin Cathrae via FlickrCC License by

Une librairie américaine / Martin Cathrae via FlickrCC License by

Il est temps de ranger les a priori sur l'état du marché culturel contemporain: aux Etats-Unis, Amazon et la vente d'e-book n'ont pas empêché les librairies indépendantes d'ouvrir. Après une crise sans précédent entre 2000 et 2007 avec la fermeture d'un millier de librairies indépendantes, les professionnels constatent un important regain des parts de marché.

Selon l'Association des libraires américains (American Booksellers Association), le nombre de librairies indépendantes a augmenté de plus de 20% entre 2009 et 2014. 

Les plus grands perdants de l'avancée d'Amazon et des livres électroniques avec Kindle, n'ont pas été ceux que l'on croyait. Alors que les ventes des librairies indépendantes augmentent de 8% d'année en année depuis 2011, les grandes chaînes comme Barnes & Noble sont en voie d'extinction: l'enseigne a fermé près d'une quarantaine de magasins sur l'ensemble du territoire américain en deux ans.

En plus de la fidélité d'un noyau dur de la clientèle littéraire au livre «traditionnel», les librairies indépendantes profitent d'un véritable attrait pour leur cadre particulier. La proximité, la création d'une communauté, une certaine ambiance et les conseils avisés permettent à ces petites entreprises de se développer.

Une nouvelle génération amatrice de lecture

Autant d'atouts susceptibles d'avoir poussé les jeunes Américains à la lecture. Outre-Atlantique, 88% des moins de 30 ans ont lu au moins un livre en 2013, alors que leurs aînés sont 9% de moins à avoir ouvert un livre pendant la même période. Parmi ces jeunes américains, 64% ont déclaré fréquenter les librairies indépendantes, ou au moins connaître les services qu'elles proposent: la plupart d'entre eux les décrivent comme chaleureuses et accueillantes. 

De quoi être plus optimiste quant à l'avenir du marché culturel en France, malgré les inquiétudes suscitées par le numérique. En 2013, Mathieu de Montchalin, président du Syndicat de la librairie française, interrogé sur la fin des librairies maintes fois annoncée, tempérait déjà:

«Commercialement, la librairie est un des réseaux qui résistent le mieux. Nous avons des clients fidèles et il n’y a pas de décrochage important du chiffre d’affaires, à la différence de la Fnac par exemple. Des magasins se créent, d’autres meurent... Au final, la démographie de la librairie est plutôt stable, même si la moindre vaguelette de conjoncture ou hausse des charges nous met en danger.»

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