Boire & manger / Sciences

Les Américains doivent-ils continuer à consommer de la malbouffe pour lutter contre le réchauffement climatique?

Temps de lecture : 2 min

Fast Food / SteFou! via Flickr CC License By
Fast Food / SteFou! via Flickr CC License By

Si l’Américain moyen s’alimentait conformément aux conseils nutritionnels de son ministère de l’Agriculture (USDA), la quantité de gaz à effet de serre rejetés dans la nature augmenterait. C’est la conclusion paradoxale d’une étude de l’université du Michigan repérée par le magazine Quartz: produire plus de produits laitiers, de fruits, de légumes, de produits de la mer et moins de viande, d'oeufs et de volaille pour se conformer aux recommandations de l’USDA aboutirait à une augmentation de 12% de ces gaz.

On compare ici deux régimes à apport calorique égal de 2.534 calories/jour. Dans cette hypothèse, la substition d’un régime actuellement très carné par un autre plus économe en la matière conduirait à une augmentation des rejets de CO2 dans l'atmosphère.

Pourquoi ce résultat? Parce que l’élevage, qui génère beaucoup de ces gaz, représente en revanche une part minime (4%) dans la production de nourriture: la baisse de la consommation ne compenserait pas le coût énergétique d’une augmentation de la production des denrées de substitution.

Source: Journal of industrial ecology

Seule une mise au régime nationale permettrait de réduire très légèrement (1%) ces émissions, puisque c’est le résultat qu’obtiennent les chercheurs en envisageant l’hypothèse plus radicale d’une baisse modérée de l’apport calorique journalier (2.000 calories/jour).

Mais ne faisons pas dire aux études le contraire de ce qu’elles disent: les auteurs rappellent qu’un régime végétarien à 2.000 calories/jour a une empreinte carbone inférieure de 30% par rapport au régime classique américain.

Autre paradoxe de la lutte contre l’obésité ET pour l’environnement, un chercheur explique dans le Huffington Post que la tendance américaine aux «meilleurs burgers», des chaînes plus haut de gamme que McDonald’s et autres chaînes de fast-food bon marché, est meilleure pour la santé mais pire pour l’environnement. Tout simplement parce que ces burgers, et donc le steack à l’intérieur, sont plus gros.

L’auteur rappelle au passage que le bœuf reste la production alimentaire la plus néfaste pour l’environnement: les troupeaux occupent 60% de l’espace agricole mondial, mais ne produisent que 5% des protéines et moins de 2% des calories qui nourrissent la population mondiale. Le bœuf requiert plus d’espace et plus d’eau que le porc ou le poulet, et produit au moins cinq fois plus de rejets.

Slate.fr

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