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Animer une guerre statique: le Première Guerre mondiale et la bande dessinée

Nonfiction et Pierre-Henri Ortiz et Claire Kaikenger, mis à jour le 18.09.2014 à 13 h 55

Hasard, sans doute: l’éclatement du premier conflit mondial est contemporain de la naissance de la bande dessinée, qui se détache alors des histoires illustrées. Hasard peut-être: autour du nom de Jacques Tardi, la guerre des tranchées accompagne un nouvel âge de l’histoire de la bande dessinée, celui de son anoblissement. Hasard, encore? Alors que nous célébrons le centenaire de «la Der des ders», celle-ci est devenue un objet privilégié de la bande dessinée du début du XXIe siècle dans toute sa diversité.

Germain tranches on the Aisne / Bain News Service via Wikimedia CC

Germain tranches on the Aisne / Bain News Service via Wikimedia CC

Agrégé et docteur en histoire, Vincent Marie a notamment dirigé la rédaction du catalogue de l’exposition La Grande Guerre dans la bande dessinée de 1914 à aujourd’hui, organisée par l’Historial de Péronne en 2009. Dernièrement, il a également assuré la coordination scientifique du hors-série de Beaux Arts Magazine consacré à La Grande guerre en bande dessinée (Avril 2014). Dans ce long entretien, il revient sur l’histoire de la représentation graphique de la Grande Guerre qui, depuis un siècle, a pris une part si importante dans la bande dessinée historique.

Cette première partie est l’occasion de retracer les grandes étapes de cette histoire au gré d’un siècle secoué par de nombreux soubresauts et autant d’affrontements plus ou moins latents, jusqu’à une «post-modernité» marquée par la libération et la fragmentation des imaginaires.La semaine prochaine, une seconde partie de cet entretien reviendra sur les enjeux de la représentation graphique et fictionnelle d’un conflit historique aussi marqué par l’explosion de la photographie, des illustrations, du cinéma, autant de sources iconographiques qui ont profondément marqué l’image de la Grande Guerre.

Nonfiction.fr–Quand commence l’histoire de la BD sur 14-18? Y a-t-il déjà une production de ce type durant le conflit, et si oui, s’est-elle occupée de le représenter, vu du front ou de l’arrière?

Vincent Marie–La production de bande dessinée voit le jour dès le début du conflit, dès 14. A ce moment-là, il s’agit plutôt de documents de propagande, pour soutenir le moral de la population.
 

Bécassine, Les Pieds nickelésDans la production française, je pense à deux personnages (ou groupes de personnages) qui ont durablement marqué la bande dessinée: d’abord, Bécassine, de Pinchon et Caumery, avec Bécassine pendant la guerre, publiée dans La Semaine de Suzette [1]. Là on est plutôt sur l’arrière: Bécassine est une marraine de guerre, elle vient soutenir le moral des soldats, etc. Elle sert un message de propagande, plutôt adressé à un public de jeunes filles, au contraire de la seconde publication, Les Pieds nickelés de Louis Forton, qui paraissent dans le magazine L’Epatant aux éditions Offenstadt, et qui s’adressent plutôt aux garçons.
Dès 1915, Les Pieds nickelés s’en vont en guerre tourne en dérision l’adversaire, les «Boches»: là aussi, il s’agit d’un document de propagande patriotique. Mais d’autres revues publient également de la bande dessinée traitant aussi de cette actualité, comme La Baïonnette qui publie Gus Bofa (Gustave Blanchot), lequel a largement inspiré Tardi. Dans la production anglaise, on trouve aussi Fragments from France : c’est aussi un document à la gloire des soldats britanniques, qui sera ré-exploité plus tard dans un sens bien différent par des dessinateurs anglais pour Charley’s War.

Par ailleurs, comme on peut le voir dans le numéro de Beaux Arts Magazine, il existe aussi dès cette époque des poilus dessinateurs, comme par exemple Léon Pénet qui envoie à ses enfants des dessins sous la forme de bandes dessinées:Léon Pénet, Sans titre elles racontent sa présence à l’arrière, mais elles ont surtout une vocation éducative, puisque le père explique par ce moyen à ses enfants que s’ils se comportent bien, il leur rapportera des friandises, alors que s’ils sont méchants, il leur donnera la fessée. On le voit aussi fantasmer son retour à l’arrière, qui est finalement une réalité peu fréquente, à plus forte raison pour lui qui est d’origine tunisienne. D’une certaine manière, sa correspondance est le seul lien qui l’unit à sa famille, et les dessins, en particulier, lui permettent d’établir un lien direct avec ses enfants.

Nonfiction.fr–Dans tous les cas, on a donc une production –publique et privée– qui s’adresse d’abord à un public jeune…

Vincent Marie–Oui et non. Les publications dans les magazines qui ont d’abord une vocation patriotique s’adressent à l’arrière dans son ensemble, à la jeunesse mais aussi au grand public. De même que si, à partir des années 1980, la bande dessinée en général devient plus adulte, on a toujours des titres qui, comme La Guerre des Lulus, s’adressent à un public jeune.

Nonfiction.fr–Et cette première production a donc marqué la postérité: a-t-elle posé sa marque, un canon?

Vincent Marie–C’est particulièrement visible avec Fragments from France, qui raconte les aventures d’un sergent britannique dans les tranchées. Gus Bofa, Une de La Baïonnette, n° 123, 8 novembre 1917Cette publication hebdomadaire a rencontré une très grande popularité en Angleterre et dans les années 1980, des images en sont reprises par de nouveaux auteurs comme Pat Mills et Joe Colquhoun dans Charly’s War. Après la guerre, on a donc une continuité de la production à partir de ce qui a été fait sur le moment-même. Dans Beaux Arts, j’essaye de montrer que dans la tradition des images sur 14-18, il y a une forme de continuité, et ce qui vaut pour Fragments from France vaut pour Gus Bofa, qui sera aussi une source d’inspiration pour Tardi.
D’une autre manière, aujourd’hui, de nombreux dessinateurs exploitent non plus des bandes dessinées de l’époque, mais des unes de journaux, d’hebdomadaires de propagande de l’époque comme La Baïonnette, pour en créer de nouvelles, complètement imaginaires, qu’ils insèrent dans leur production actuelle.

Nonfiction.fr–Vous parlez de Tardi, or on peut avoir l’impression que son travail marque une rupture en faisant de la Première guerre mondiale, jusqu’alors peu présente, un objet de prédilection de la BD historique: y a-t-il effectivement eu une rupture à ce moment? Et depuis, la Première guerre a-t-elle acquis un statut particulier dans la BD historique récente?

Vincent Marie–Je distingue quatre périodes dans l’histoire de la BD qui traite de la guerre. O. Joly, J.-P. Pasquiez, Les Belles histoires de l'oncle Tom, t. 1Il y a d’abord cette première période, dont nous venons de parler, de la BD produite dans le contexte de la guerre, qui est plus particulièrement une production patriotique et de propagande. Ensuite, de la fin de la guerre jusqu’au milieu des années 1970, la Grande guerre est éclipsée: on n’en parle plus beaucoup, sauf peut-être dans quelques productions dans Spirou magazine, mais c’est alors pour montrer la guerre aérienne, la guerre vue du ciel, des as de l’aviation, comme dans Les belles histoires de l’oncle Paul.
Il faut dire aussi que la loi de publication de 1949 interdit de représenter la violence et le sexe dans les productions destinées à la jeunesse. Dans tous les cas, on n’est pas dans les tranchées. Ce qu’on cherche alors, ces sont des récits d’aventure héroïque; or la guerre de 14 n’est pas très glamour…La question que se posaient les dessinateurs de cette époque, c’était de savoir comment rendre captivante, dynamique, une guerre essentiellement statique. C’est l’enjeu fondamental, d’ailleurs, de la représentation de la guerre de 14-18 dans la bande dessinée à toutes les époques. La guerre aérienne est une des solutions. Mais ce qui explique aussi que la Grande Guerre passe alors à l’arrière-plan, c’est que l’autre conflit mondial accapare l’attention au point qu’au fond, on oublie 14-18.

La grande rupture a lieu à partir des années 70, avec, effectivement, le poids de l’œuvre de Tardi. Dès 1974, avec La Fleur au fusil et Adieu Brindavoine (Casterman), il commence à traiter de cette guerre. Ensuite, il publie d’autres choses comme Le Trou d’obus  (Imagerie Pellerin, en 1984). Mais c’est en 1993 qu’il jette véritablement un pavé dans la marre avec la parution de son œuvre majeure sur ce sujet, C’était la guerre des tranchées, qui marque un véritable tournant.Tardi, Adieu Brindavoine, La Fleur au fusil et C'était la guerre des tranchées (couvertures). Il n’y est plus du tout question de représenter la guerre héroïque à la manière de la guerre napoléonienne:là, ce dont il est question, c’est de l’enfer des tranchées, du quotidien du soldat les pieds dans la boue. Sur cette nouvelle perspective, et sur la Première guerre en général, Tardi pose sa griffe dans la production de bande dessinée, ce qui va un peu paralyser les autres auteurs qui n’oseront pas trop s’attaquerà un sujet déjà traité avec autant de brio et de force…

Comment dessiner la guerre après Tardi? C’est la question qui se pose donc pendant quelques années, jusqu’à la fin des années 90, et jusqu’à ce que –à la faveur des commémorations et sous l’influence de la production cinématographique notamment– d’autres dessinateurs s’affranchissent du poids de Tardi pour traiter la guerre sous différents angles. A partir de ce moment, la production est complètement éclatée, avec à la fois de la BD réaliste, de la science fiction, de l’uchronie, parfois même de l’humour –ce qui est rare dès lors qu’il est question de 14-18– bref, tous les champs du possible sont ouverts.

Nonfiction.fr–Dans la mesure où ces grandes tendances se multiplient et se diversifient, vous semble-t-il possible d’établir une typographie des genres de la bande dessinée qui s’intéressent ou se sont intéressés à la Grande Guerre?

Vincent Marie– Adam, Cady, Marchetti, La Tranchée, et Maël, Kris, Notre Mère la Guerre (couvertures).Je pense effectivement qu’on peut dégager de grandes thématiques et de grandes tendances au sein de la BD qui traite de la Première guerre, même si c’est encore un work-in-progress. En d’autres termes, j’ai repéré plusieurs manières de rendre attractive une guerre statique, après Tardi. Un angle souvent privilégié par les auteurs, c’est l’enquête policière. C’est par exemple le choix d’Adam, Cady et Marchetti dans La Tranchée  (Vents d’Ouest, 2006 ; 2e tome à paraître), qui débute par un assassinat dans les tranchées, ce qui déclenche une enquête. C’est aussi le schéma narratif de Notre Mère la guerre, dans laquelle des femmes sont assassinées dans les tranchées, ce qui déclenche la montée au front d’un gendarme qui vient enquêteret découvrir ce milieu-là. L’enquête policière ou l’histoire d’espionnage permettent de dépasser la perspective de Tardi, qui porte vraiment sur l’extraordinaire banalité du quotidien des poilus.

Rabaté, Zamparutti, Ex-Voto, et De Metter, Catel, Le Sang des Valentines (couvertures).Un autre axe très souvent choisi par d’autres auteurs consiste à montrer le poids du traumatisme de la guerre. Toujours d’un point de vue narratif, cela revient souvent à adopter la posture de la rétrospection, du souvenir: un soldat a vécu la guerre, et il se souvient de ce qui s’est passé. C’est le cas dans Notre Mère la guerre, dans La Guerre des Lulus où ce sont cette fois-ci des enfants qui évoluent dans le contexte de la guerre puis qui racontent ce qui s’est passé durant cette période. On pourrait aussi citer Rabaté dans Ex-Voto, ou encore Le Sang des Valentines ou Une après-midi d’été de Bruno Le Floc’h…Raconter par le biais du souvenir est à la fois une manière de prendre de la distance par rapport au conflit, et de montrer tout le poids du traumatisme. Cela permet à la fois de surfer sur les enjeux mémoriels du présent et de replonger dans le cœur de la bataille.

Une autre tendance consiste à rendre héroïque la guerre de 14 en privilégiant les super-soldats. Morvan, Taliazzo, La Mandiguerre ; Dorison, Breccia, Les Sentinelles ; Morvan, Kordey, Walter, Le Cœur des batailles (couvertures).On peut y retrouver l’emprunte des super-héros américains, puisque Wolverine (personnage apparu dans le comic Incredible Hulk – édité par Marvel Publishing – en 1974, et initialement baptisé Serval dans les premières traductions françaises aux éditions Lug) ou Spawn (personnage apparu en 1994 dans le comic Spawn, édité par Image Comics, et en France par Semic puis Delcourt) ont été dans les tranchées.
Dans La Mandiguerre, on a une sorte de Robocop des tranchées; dans Les Sentinelles de Xavier Dorison et Enrique Breccia, c’est aussi un super-soldat qui évolue dans les tranchées ; dans Le Cœur des batailles, de Morvan, Kordey et Walter, c’est un tirailleur sénégalais qui possède une force athlétique extraordinaire. Cette figure surhumaine permet de renouer avec l’héroïsme du champ de bataille, et de rendre la guerre plus intéressante narrativement.

Vandermeullen, Fritz Haber ; Chabaud, Monier, Sand Noir ; Antoni, Ormière, Blancher, Le Temps du rêve (couvertures).Et puis un autre axe que j’ai repéré est celui qui consiste à se focaliser sur des personnes, à dresser des portraits individuels ou collectifs. Par exemple David Vandermeullen a fait une bande dessinée sur Fritz Haber, l’inventeur du gaz moutarde. Dans la production la plus récente, on a des portraits de groupes sociaux, qui souvent sont en marge: les tirailleurs sénégalais, avec Sang noir par exemple, ou encore un groupe de soldats aborigènes australiens dans Le Temps du rêve.

Après, il y a aussi la guerre complètement fantasmée, de science fiction. Déjà dans la série Valérian, agent spatio-temporel, Mézières fait atterrir le personnage principal dans les tranchées au moyen d’un vaisseau spatial. La Mandiguerre aussi relève de la science-fiction. Il y a également des uchronies dans lesquelles on réinvente l’histoire: dans la série Le Jour où… (Futuropolis, 1987-), qui est basée sur ce principe, un tome est consacré à Verdun. Dans L’Histoire secrète, ce sont des dragons qui interviennent sur le cours du conflit: on est alors à la croisée de l’uchronie, de l’heroic-fantasy et de la guerre aérienne. Peut-être que la disparition des derniers poilus a libéré le discours et a fait qu’on peut désormais se permettre des choses difficilement envisageables précédemment.

Nonfiction.fr–Et du point de vue de la géographie culturelle, observe-t-on des différences significatives dans les manières des différentes traditions graphiques nationales d’aborder la guerre ? Y a-t-il des spécificités ducomic book, du manga, ou des caractères communs qui distingueraient une façon allemande, une façon italienne, etc. ?

Vincent Marie–Je ne connais pas bien les mangas, mais Jean-Marie Bouissou[2] a montré que les mangakas sont des «enfants de la bombe» et que les mangas se développent considérablement après Hiroshima, même s’ils existent déjà avant. Après, il y a effectivement certains caractères communs à différents champs nationaux. De ce que j’en connais, la BD anglo-saxonne se distingue par la dénonciation de la guerre: que ce soit chez Grant Morrison, l’auteur de Spawn, dans Charley’s War ou plus récemment chez Joe Sacco[3], on dénonce une boucherie.
La production française est très marquée par Jacques Tardi, et si les choses évoluent, si le regard se fragmente, on reste là aussi dans un discours de dénonciation d’un massacre, d’un gâchis, d’une injustice et d’un traumatisme. Rabaté, Ex-Voto (extrait).Dans la production américaine, peut-être à cause de l’influence du super-héros, on prend plus de distance avec l’histoire et on est plus dans une forme héroïque de la guerre.
Dans la BD italienne, j’observe aussi une forme de liberté: dans l’album Batailles de Leomacs, c’est un vampire qui évolue dans les tranchées, tandis que Le souffle du Wendigo ré-exploite aussi des superstitions, des fantasmes et des personnages tirés de la littérature populaire.
En Allemagne, le plus surprenant est qu’il y a très peu de choses. Peut-être parce que 1918 est une défaite pour l’Allemagne. Il existe néanmoins quelques titres de plus ou moins grande qualité graphique qui racontent la guerre dans une forme de dénonciation et qui reprennent les formes de la BD franco-belge: on le constate par exemple dans Dippertz, où la figuration du cauchemar fait fortement penser à une formule présente chez Rabaté

Nonfiction.fr–Et par ailleurs, cette représentation évoque très fortement Guernica, mais aussi toute la peinture allemande de l’entre-deux-guerre…

Vincent Marie–Oui, bien sûr, parce que si la BD se nourrit d’elle-même, elle ne surgit pas de rien, et elle demeure de manière permanente sous l’influence d’autres formes de représentation. Dès le départ, elle s’inscrit dans une longue tradition iconographique qui inclut aussi bien la peinture produite pendant la guerre que l’œuvre des peintres pacifistes de l’après-guerre. D’une manière générale, de nombreux tableaux sont ré-exploités d’un auteur à l’autre et dessinent finalement les contours d’une culture visuelle. Or celle-ci est largement européenne, les grandes œuvres sont connues au-delà des frontières. Tardi, par exemple, est fortement influencé par Otto Dix.

Comès, L'Ombre du corbeau (extrait).Par ailleurs, la commémoration du Centenaire de cette guerre «mondiale» dans un contexte de construction européennne est aussi un facteur de rapprochement de ce que pourraient être des traditions nationales. Sur le site de la Mission du Centenaire, par exemple, on trouve un projet franco-allemand de bande dessinée. Dans les années 80, une tendance se dessinait déjà dans cet esprit-là: dans L’ombre du corbeau, de Didier Comès (Lombard, 1981), une planche montre des soldats français qui parlent du courrier qu’ils envoient à leurs familles à l’arrière; et par une sorte de fondu, on est porté à lire un courrier d’un soldat allemand qui vient d’être tué, ce qui revient à montrer une sorte de solidarité des soldats de tous les bords dans leur condition de combattants: l’ennemi, c’est la guerre, et non plus le «Boche» que dénonçaient les Pieds nickelés. Que la source en soit individuelle ou institutionnelle, on observe donc une incidence assez nette du projet européen sur la BD.
 

1 — Lors de sa réédition, cet album prend le titre de Bécassine pendant la Grande Guerre. Il a été suivi par Bécassine chez les Alliés (1917) puis par Bécassine mobilisée (1918), ndlr. Retourner à l'article

2 — Manga. Histoire et univers de la bande dessinée japonaise, Philippe Picquier, 2010 Retourner à l'article

3 — La Grande Guerre. Der erste Weltkrieg. Le premier jour de la bataille de la Somme, Futuropolis/Arte, 2014 Retourner à l'article

 

 

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