LGBTQMonde

La Gambie a validé un projet de loi condamnant à perpétuité l'«homosexualité aggravée»

Elliot Hannon, traduit par Charlotte Pudlowski, mis à jour le 09.09.2014 à 10 h 27

Yahya Jammeh et sa femme Zineb Jammeh lors du sommer africain aux Etats-Unis, le 5 août 2014. REUTERS/Larry Downing

Yahya Jammeh et sa femme Zineb Jammeh lors du sommer africain aux Etats-Unis, le 5 août 2014. REUTERS/Larry Downing

L'Assemblée nationale de Gambie a validé le mois dernier un projet de loi condamnant les «actes homosexuels» à des peines de prison à perpétuité, a rapporté l'Associated Press lundi. Le leader du parti minoritaire, Samba Jallow, a expliqué à AP que les peines de prison à vie sanctionnaient «l'homosexualité aggravée», qui, en Afrique de l'Ouest, vise «les récidivistes et les personnes séropositives ou atteintes du sida.» L'homosexualité était déjà un crime en Gambie, puni de 14 ans d'emprisonnement.

«La Gambie a déjà par le passé commis des répressions à l'encontre des homosexuels», rappelle AP. «En 2012, un raid lors d'une pool-party d'anniversaire dans la capitale, Banjul, a conduit à l'arrestation de 18 hommes, dont certains ont dit avoir été interrogés et battus, avant d'être traduits en justice dans des procès publics qui détruisirent leur réputation.»

Le projet de loi —en faveur duquel tout le monde, hormis deux législateurs de l'Assemblée, a voté— doit passer devant le président du pays, Yahya Jammeh, pour être signé et ainsi entériné comme loi.

Voici ce que Yahya Jammeh —arrivé au pouvoir en 1994 par un coup d'Etat— a déclaré en février au sujet des homosexuels en Gambie:

«L'homosexualité ne sera jamais tolérée, et déclenchera même la peine ultime, puisqu'elle a pour but de mener à la déshonorante extinction de l'humanité. Nous combattrons cette vermine faite de ce qu'on appelle les homosexuels ou les gays, de la même manière que nous combattons les moustiques porteurs de malaria; si ce n'est même avec plus d'agressivité. Nous n'accepterons donc aucune amitié, ni aide, ni autre geste qui impliquerait l'aide d'homosexuels ou de LGBT (...). En ce qui me concerne, LGBT ne peuvent être que les initiales de Lèpre, Gonorrhée, Bactérie et Tuberculose; lesquelles sont toutes nuisibles à l'existence humaine.»

 

Elliot Hannon
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