France

Les grandes écoles françaises sont en décalage avec la culture managériale anglo-saxonne

Temps de lecture : 2 min

Dans le hall d'entrée de l'ENA à Strasbourg (2009). REUTERS/Vincent Kessler
Dans le hall d'entrée de l'ENA à Strasbourg (2009). REUTERS/Vincent Kessler

Les grandes écoles françaises «ont besoin d’un changement d’état d’esprit», affirme Monique Valcour, professeure de management à l’EDHEC Business School, dans une tribune publiée début septembre dans le Financial Times. Alors que les compétences recherchées sont de plus en plus selon elle la capacité à apprendre et à s’adapter, ces compétences sont non seulement peu enseignées dans les grandes écoles françaises, mais sont même considérées comme étant l’inverse de leur modèle culturel.

L’admission dans l’une de ces écoles étant souvent l’étape la plus difficile, les étudiants se désintéressent rapidement de leurs études pour se concentrer sur des activités sociales. Considérant plus tard qu’ils sont les meilleurs, les managers issus de ces écoles ont tendance à en embaucher d’autres, ce qui réduit considérablement la diversité en haut de la hiérarchie des entreprises, leur faisant courir le risque d’une moindre cacapité à innover.

Une fois de plus, le système français de recrutement des élites économiques et l’importance du diplôme de grande école dans la suite de la carrière laissent les observateurs sceptiques…

«Dans les entreprises françaises, écrit encore Monique Valcour, l’ingénierie est considérée comme étant la meilleure formation académique pour les carrières de direction en raison de sa focalisation sur la logique. Pourtant les ingénieurs sont connus pour leur faibles compétences interpersonnelles en comparaison d’autres professions, [des compétences] sans lesquelles le leadership efficace est difficile sinon impossible. Pourtant, l’accent sur les compétences interpersonnelles qui est si présent dans les pays anglo-saxons est vu avec scepticisme en France.»

Les études sur les différences entre les cultures managériales mettent en avant le caractère conceptuel de la formation des Français, une spécificité qui est appréciée mais peut parfois freiner la capacité à prendre des décisions pragmatiques. Comme nous l’avions par ailleurs écrit ici, la bataille entre quotient intellectuel et intelligence dite émotionnelle est en train de tourner en faveur de cette dernière. Dans un article du Financial Post, Ray Williams affirmait par exemple que l’intelligence émotionnelle prédit désormais la réussite professionnelle mieux que d’autres facteurs comme les compétences techniques, l’éducation ou même l’origine sociale.

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