Monde

Non le monde n'est pas de moins en moins favorable aux régimes autoritaires, c'est une erreur de sondages

Temps de lecture : 2 min

Des soldats vietnamiens commémorent le 60e anniversaire de la bataille de Dien Bien Phu, le 7 mai 2014. REUTERS/Kham
Des soldats vietnamiens commémorent le 60e anniversaire de la bataille de Dien Bien Phu, le 7 mai 2014. REUTERS/Kham

Au début des années 2000, 99% des Vietnamiens interrogés par le World Values Survey (un organisme de sondages sur l'évolution des valeurs et des croyances dans le monde) étaient en faveur d'un régime autoritaire. Ils n'étaient plus qu'un tiers quelques années plus tard. On observe la même évolution pour deux autres pays parmi les plus autoritaires de cette époque, soit l'Albanie et l'Iran. Qu'est-ce qui explique ces évolutions?

Comme aucun développement socio-économique majeur n'a été constaté dans ces pays à ces périodes-là, le sociologue américain Charles Kurzman avance, dans le Washington Post, qu'il s'agirait d'une erreur de l'organisme de sondages.

Il affirme, par exemple, qu'en 2001 la traduction des questions en vietnamien faisait comprendre aux répondants qu'on les interrogeait sur le rôle de l'armée (alors applaudi par les personnes interrogées), et non sur son autorité. Des erreurs similiaires ont été constatées au fil des années dans les différents sondages effectués en Iran, en Albanie ou en Indonésie.

En Jordanie (5e pays au monde parmi les plus favorables à l'autorité militaire), les traductions des différents sondages semblent satisfaisantes, et les résultats opposés. En 2001, 59% des personnes interrogées soutenaient un «gouvernement sous autorité de l'armée», pour... 74% en 2007 (la question ayant été posée avec les mêmes termes les deux années).

«Sans minimiser l'importance de [trouver des] traductions équivalentes, explique Charles Kurzman, je suis plus préoccupé par l'identification d'erreurs pures et simples, pas seulement du World Values Survey, mais dans l'ensemble des données transnationales.»

Repérer les erreurs dans les études existantes serait un moyen de «renforcer les résultats déjà acquis», affirme le sociologue.

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