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Écosse: le plan de dernière minute du camp du «non» pour gagner le référendum

Temps de lecture : 2 min

À East Kilbride, le 4 septembre 2014. REUTERS/Russell Cheyne.
À East Kilbride, le 4 septembre 2014. REUTERS/Russell Cheyne.

Alors que le «oui» à l'indépendance écossaise lors du référendum du 18 septembre arrive pour la première fois en tête dans un sondage (51% contre 49%, selon une enquête YouGov publiée par le Sunday Times), The Observer, l'édition dominicale du Guardian, révèle que le camp du «non» compte proposer aux Écossais une autonomie accrue de leur nation d'ici les élections générales de mai 2015 pour tenter de renverser la situation:

«L'annonce d'une plus grande dévolution dans le but de stopper la dynamique nationaliste est prévue dans les jours à venir au sein du camp opposé à l'indépendance. Le plan, dans le cas d'un vote "non", est d'inviter des membres de toutes les catégories de la société écossaise –pas seulement des élus– à participer à une conférence ou une convention qui déciderait de transferts de pouvoirs approfondis et à grande échelle de Londres à Holyrood [le quartier d'Edimbourg où se situe le Parlement écossais, ndlr]

Une source gouvernementale proche de Better Together, l'organisation qui chapeaute les «nonistes», a expliqué au journal que l'annonce était «imminente» et permettrait d'expliquer aux Écossais qu'ils pourraient «finir le travail» s'ils rejetaient l'indépendance, avec par exemple des pouvoirs accrus en matière de fiscalité et de transports, et ne pas simplement demeurer dans la situation actuelle. Douglas Alexander, le «ministre fantôme» travailliste des Affaires étrangères, a expliqué que les Écossais avaient le choix entre «une plus grande dévolution et une séparation irréversible».

Plus tôt dans la semaine, l'universitaire Roger Scully expliquait à la BBC que «même en cas de vote "non", les débats en cours sur la réforme constitutionnelle vont se poursuivre», avec la possibilité qu'ils s'étendent au Pays de Galles.

Le camp unioniste commence donc en tout cas à franchement s'alarmer, comme le montre cette tribune publiée par le chroniqueur Will Hutton dans le Guardian:

«Il y a des moments dans l'histoire d'un pays où il faut voir grand. Les dix prochains jours en sont un. Sans une réflexion imaginative et créative, les sondages suggèrent désormais que l'Écosse pourrait faire sécession après 300 ans d'union, déchirant des relations affectives authentiques, divisant des familles, distordant tous les liens forgés par notre histoire commune.»

Cette inquiétude remonte aux plus hauts niveaux de l'État, puisque l'ancien Premier ministre Gordon Brown, d'origine écossaise mais favorable au «non», a demandé un débat parlementaire sur la dévolution, tandis que la reine Elizabeth II elle-même se montre «très préoccupée» selon le Sunday Times, cité par l'AFP.

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