France

Dix jours après l'avoir refusée, François Fillon ne rejette plus l'idée d'une cohabitation

Temps de lecture : 2 min

Les ténors de l'UMP, le 10 juin 2014 à Paris. REUTERS/Philippe Wojazer.
Les ténors de l'UMP, le 10 juin 2014 à Paris. REUTERS/Philippe Wojazer.

Il a changé d'avis en dix jours: alors qu'il se prononçait contre cette solution fin août, de même que de nombreux leaders de droite, François Fillon se rallie désormais à la possibilité d'une éventuelle cohabitation.

Dans une tribune publiée par Le Monde, samedi 6 septembre, l'ancien Premier ministre estime que alors que la France «est proche du KO économique et politique, [...] le retour vers le peuple français pourrait débloquer la situation»:

«Si dissolution il devait y avoir et si la droite républicaine devait l'emporter, alors ce ne serait pas pour faire du Ayrault ou du Valls. Dans le respect de notre Constitution, le gouvernement déterminera et conduira la politique de la nation.»

Une allusion à l'article 20 de la Constitution ainsi formulé, qui prend toute sa force quand le Premier ministre et le président de la République sont issus de camps opposés. En le citant quasiment mot pour mot, François Fillon se rallie donc à demi-mot, sans le dire formellement, à la possibilité d'une cohabitation.

Lors de sa rentrée politique, le 27 août à Rouez-en-Champagne (Sarthe), l'ancien chef du gouvernement avait expliqué que «la dissolution de l’Assemblée nationale [devenait] plausible» puis lancé «le retour au peuple oui, mais la cohabitation, non». Traduction: en cas de défaite de la gauche aux législatives anticipées, François Hollande devrait démissionner. C'est d'ailleurs sur cette hypothèse d'une démission que François Fillon boucle sa tribune au Monde, mais il ne refuse donc plus la cohabitation, même s'il en mesure les «inconvénients».

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Entre le 27 août et le 6 septembre, la situation politique s'est animée à gauche comme à droite: sortie du livre de Valérie Trierweiler sur sa relation avec François Hollande, démission du secrétaire d'État Thomas Thévenoud pour indélicatesses fiscales, sondages de popularité désastreux de l'exécutif... mais aussi un mauvais sondage (certes, pour 2017 celui-là, soit très loin) pour François Fillon lui-même. Autant peut-être parler alors de législatives anticipées que d'une présidentielle que lorgnent déjà ses deux concurrents plus populaires que lui à droite, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.

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