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«Je comprends les occidentaux qui partent faire le djihad»

Temps de lecture : 2 min

Des combattants islamistes paradent dans la province de Raqqa, dans le nord de la Syrie, le 30 juin. REUTERS/Stringer
Des combattants islamistes paradent dans la province de Raqqa, dans le nord de la Syrie, le 30 juin. REUTERS/Stringer

Michael Muhammad Knight est écrivain. Il y a vingt ans, il a abandonné son école catholique de New York pour aller étudier le Coran dans une madrassa au Pakistan. Très touché par les images de la résistance tchéchène qui s'organise alors contre les Russes, il pense un instant tout plaquer pour y aller, écrit-il dans le Washington Post.

«Je croyais que travailler pour atteindre la justice était plus précieux que ma propre vie.»

Ceux qui l'ont convaincu de rester à Islamabad, ceux qui lui ont dit que la violence n'était pas le meilleur moyen étaient profondément conservateurs, «certains les appelleraient des "intolérants"», précise l'écrivain. Mais ce sont eux qui lui ont dit qu'il ferait plus de bien en étudiant qu'en combattant.

«Ces traditionnalistes m'ont rappelé la déclaration de Mahomet [qui explique] que l'encre des savants est plus sainte que le sang des martyrs.»

Mais il comprend, explique-t-il, pourquoi des occidentaux rejoignent des mouvements islamistes comme l'Etat Islamique, en Syrie ou en Irak. Il n'y a pas de bons ou de mauvais musulmans, rappelle l'écrivain. Les facteurs qui poussent certains au départ vont bien au-delà de la religion seule. Pour lui, il en est persuadé, ce fut précisément ses idéaux et ses valeurs américaines. Celles de la justice, de la liberté et de l'égalité.

«J'ai grandi dans un pays qui glorifie le sacrifice militaire et se sent en droit de reconstruire d'autres pays en accord avec sa propre vision. J'ai intériorisé ces valeurs avant même de penser à la religion. Avant même que je sache ce qu'était un musulman, sans parler des concepts comme le "djihad" ou l'"Etat Islamique", ma vie américaine m'a enseigné que c'est ce que font les hommes courageux.»

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