France

Quand Thomas Thévenoud était un «ambitieux» qui «prend bien la lumière», symbole d'une «nouvelle génération»

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 05.09.2014 à 9 h 27

Repéré sur Le Journal de Saône-et-Loire

L'éphémère secrétaire d'État au Tourisme a eu droit à neuf jours d'éloges médiatiques avant sa démission forcée pour raisons fiscales.

Thomas Thévenoud, le 27 août 2014, à l'Élysée. REUTERS/Philippe Wojazer.

Thomas Thévenoud, le 27 août 2014, à l'Élysée. REUTERS/Philippe Wojazer.

Le proverbe selon lequel «il n'y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne» est devenu un peu cliché, mais s'applique assez bien au cas du secrétaire d'État au Commerce extérieur, au Tourisme et aux Français de l'étranger Thomas Thévenoud, démissionné du gouvernement jeudi 4 septembre pour, selon Matignon, un problème de «conformité avec les impôts». L'intéressé a reconnu «des retards de déclaration et de paiement» désormais «intégralement régularisés», tandis que Mediapart affirme qu'il «ne déclarait pas ses impôts depuis plusieurs années».

Pour celui qu'Arnaud Montebourg avait récemment présenté, à la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse, comme «le meilleur d'entre nous», l'aventure ministérielle s'arrête donc après neuf jours, record de brièveté de la Ve République égalé.

Une de ses petites phrases a beaucoup été répétée ces dernières heures. Elle avait été prononcée début août à propos de la transparence financière de la vie politique dans le Journal de Saône-et-Loire: «On n’est pas tous des Cahuzac!»

Mais se replonger dans les portraits et articles plus récents, qui lui ont été consacrés depuis sa nomination, a également une drôle de saveur. Le 27 août, le Journal de Saône-et-Loire expliquait ainsi qu'il «symbolise la nouvelle génération politique. Celle qui assume l’ambition de ne pas attendre l’âge de la retraite pour prétendre aux plus hautes responsabilités». Le 1er septembre, le même quotidien dressait son portrait sous le titre «Thévenoud l'ambitieux», article qui contenait deux citations prophétiques, signées respectivement d'un proche de Montebourg et de son concurrent UMP Gérard Voisin:

«Oui, il prend bien la lumière, mais maintenant il va falloir qu’il fasse bien gaffe de ne pas se brûler les ailes sur la lampe.»

 

«Attention! Une progression aussi fulgurante, ça rend fragile.»

Quant à France 3 Bourgogne, elle vantait sa «fulgurante trajectoire» ou «un parcours politique et médiatique sans faute».

On notera aussi cette déclaration au Plus, amusante a posteriori, du PDG de la société SnapCar Yves Weisselberger –Thomas Thévenoud avait eu maille à partir avec le secteur des taxis:

«Je parie qu’on connaîtra vite le nom de ce secrétaire d’État et que son ascension n’est pas terminée.»

«Il m’avait dit que s’il sortait du gouvernement un jour, il irait plutôt dans une entreprise ou une association.» Une phrase d'un de ses proches? Non, c'est ce que Thévenoud lui-même disait d'Arnaud Montebourg au moment du départ forcé de ce dernier, et avant sa propre nomination comme ministre.

Une pensée, enfin, pour les victimes collatérales de ce remaniement: les professionnels du tourisme, qui regrettaient il y a une semaine que ce portefeuille soit trop instable, et sa suppléante Nicole Clément, qui pouvait espérer récupérer son siège d'ici trois semaines, et va sans doute devoir encore patienter...

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