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Aux Etats-Unis, les inégalités se creusent dans l'assiette

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 05.09.2014 à 10 h 40

Repéré sur Journal of the American Medical Association Internal Medicine, Harvard Gazette, Tech Times, National Geographic

Day 19: Fries/ Keith McDuffee via Flickr CCLicence By

Day 19: Fries/ Keith McDuffee via Flickr CCLicence By

L’écart entre le régime alimentaire des Américains les plus pauvres et celui des plus riches a doublé en une dizaine d’années. Une étude de la Harvard School of Public Health, publiée le 1er septembre dans le Journal of the American Medical Association Internal Medicinea cherché à mesurer les changements dans la qualité de l’alimentation, en fonction du statut socio-économique, sur une période de onze ans.

Les chercheurs ont utilisé les données d’un échantillon représentatif de 29.124 adultes de 20 ans à 85 ans, qui ont participé à des études nationales sur la santé et la nutrition. Ils ont estimé la qualité de l’alimentation en utilisant l’indicateur «Alternate Healthy Eating Index 2010», qui évalue la façon de manger avec un score de 0 à 110 (110 représentant une alimentation super saine et équilibrée), à partir de plusieurs critères comme la quantité de fruits, de légumes, de graisses trans, d’alcool…

Globalement, le régime alimentaire moyen s’est amélioré entre 1999 et 2010. La consommation de fruits, légumineuses et céréales complètes a un peu augmenté, mais pas celle de légumes. Les Américains consomment en général moins de graisses trans (cette réduction compte pour beaucoup dans l’amélioration du score global), de boissons sucrées (les campagnes d’éducation nutritionnelle et les nouvelles législations sur ces deux derniers thèmes ont donc porté leurs fruits) et plus de produits non transformés. Ceci dit, les gens ne mangent pas moins de viande rouge et la hausse de la consommation de sel est jugée «déconcertante».

Mais cette amélioration générale cache une baisse de la qualité de l’alimentation chez les plus pauvres et une forte augmentation des inégalités dans l’accès à une alimentation de qualité. Ceci s’expliquerait par «l’important coût des repas pratiques et sains» –à un moment où les inégalités de revenus se creusent aussi, comme le montre une étude publiée le 4 septembre par la Réserve Fédérale–, et par «l’accès limité aux supermarchés de qualité dans certains quartiers défavorisés».

Walter Willett, un des auteurs de l’étude, explique à Tech Times que «l’amélioration globale de la qualité de l’alimentation est encourageante, mais cet écart qui se creuse, lié au revenu et à l’éducation, est un sérieux défi pour notre société dans son ensemble».

Aujourd’hui, un tiers des adultes américains sont obèses (et 68,5% en surpoids ou obèses), avec des taux plus importants chez les personnes les plus défavorisées. Comme le souligne un rapport de l’organisation Trust for America’s Health sur l'évolution de l'obésité, publié aussi cette semaine, les efforts doivent notamment se concentrer sur la réduction des disparités. En 2014, «plus de 33% des adultes qui gagnent moins de 15.000 dollars par an sont obèses, contre 25,4% de ceux qui gagnent au moins 50.000 dollars».

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