Boire & mangerScience & santé

Faut-il manger avec une fourchette électronique?

Repéré par Charlotte Pudlowski, mis à jour le 03.09.2014 à 12 h 07

Repéré sur New York Mag, AFP, Clubic

Capture d'écran du site Hapi.

Capture d'écran du site Hapi.

Depuis quelques années, l'idée d'une fourchette électronique progresse. Au début, ça marchait très mal:

Et puis c'est devenu de plus en plus élaboré et existe depuis quelques temps l'Hapi Fork, fourchette analysant la façon dont vous mangez –la fréquence à laquelle vous piquez dans votre assiette– afin de vous signaler par une vibration quand vous mangez trop vite et qu'il faut ralentir. Et ainsi, potentiellement, vous aider à mincir –bien que le lien entre la rapidité de l'alimentation et le poids ne soit pas avéré.

Une journaliste du NewYork Magazine a tenté d'utiliser cette fourchette électronique vibrante pendant une semaine... Elle explique:

«L'ustensile controversé est la conclusion logique de la mouvance du "quantified self" [le principe d'auto-quantification qui consiste à quantifier tout ce que l'on fait voire tout ce que l'on est, ndlr] dont la popularité croissance vient de la croyance, commune dans la Silicon Valley, selon laquelle les données déterminent tout: le moindre problème peut être réglé du moment que vous récoltez assez de données pour trouver la solution. Et comme ça doit être confortable, pour beaucoup de gens, ce sentiment de réussir à imposer de l'ordre parmi le chaos!»

Mais l'ordre parvient-il vraiment à être instauré?

Après une semaine passée à essayer de penser à utiliser la fourchette vibrante, puis à se ridiculiser avec au restaurant, à essayer de piquer des choux de Bruxelles sans prendre une décharge trop violente et à avoir parfois faim, le taux de succès de la journaliste s'élève à 85%. Ce qu'elle considère comme un grand succès, et la fourchette aussi, qui affiche qu'elle est contente pour elle («HAPI» nom de la marque, jouant sur «happy»: content...) et qu'elle se débrouille bien. 

La jeune femme cobaye explique avoir le sentiment de peut-être avoir appris à manger plus lentement –ou peut-être de s'être rendue compte qu'elle ne mangeait pas si vite... et qu'elle a dépensé 100 dollars pour rien. 

A l'issue d'une expérience similaire, il y a quelques mois, une journaliste de Clubic concluait: 

«Il s'agit [...] d'un accessoire intéressant permettant de contrôler la durée des repas et l'attitude de son utilisateur devant son assiette. Avec un peu de discipline, il est possible d'en tirer profit pour "manger mieux", c'est certain. Mais outre la prise de conscience entraînée par les mesures effectuées par la fourchette, l'intérêt au quotidien s'avère limité

Dans l'article du New York Mag, l'auteure s'interroge:

«Il y a un moment à partir duquel l'auto-quantification arrête d'être utile et commence à devenir ridicule. Où est la frontière, et de quel côté de la ligne se trouve HAPIfork?»

Nous penchons vers le mauvais côté.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte