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Assassiné par l'État islamique, le journaliste américain Steven Sotloff avait couvert la Syrie, mais aussi Benghazi, l'Egypte, Bahrein...

Temps de lecture : 2 min

Steven Sotloff avait notamment couvert la mort de l'ambassadeur américain Christopher Stevens à Benghazi, en Libye, le 11 septembre 2012. REUTERS/Esam Al-Fetori.
Steven Sotloff avait notamment couvert la mort de l'ambassadeur américain Christopher Stevens à Benghazi, en Libye, le 11 septembre 2012. REUTERS/Esam Al-Fetori.

L'État islamique a annoncé, mardi 2 septembre, la décapitation du journaliste américain Steven J. Sotloff dans une vidéo postée en ligne et dont l'existence a été révélée par l'organisme de recherche SITE Intelligence Group, explique le New York Times.

Enlevé en août 2013, il est le second journaliste assassiné en deux semaines par l'organisation terroriste après James Foley. Selon le New York Times, le journaliste affirme dans la vidéo «payer le prix» des bombardements menés par l'administration Obama en Irak, tandis qu'un militant islamiste menace de réserver le même sort à un autre otage, le Britannique David Cawthorne Haines. Mais d'après le Wall Street Journal, plusieurs sources au sein de l'administration américaine estiment que les deux hommes ont été tués en même temps, et que le troisième otage est d'ores et déjà mort.

Steven Sotloff avait collaboré en tant que journaliste indépendant à de nombreux titres, dont nos partenaires de Foreign Policy. En janvier 2013, il s’intéressait, depuis Atmeh, près de la frontière turque en Syrie, à la situation des réfugiés dans des camps surpeuplés et sous-équipés:

«Alors que le monde entier parle du fait que 60.000 Syriens sont morts pour l’instant en 22 mois de guerre civile, ce sont environ 3 millions de réfugiés et de déplacés qui souffrent quotidiennement.»

Quinze jours plus tôt, il écrivait que «dans la dernière phase de la guerre en Syrie, ce sont les civils qui sont devenus les cibles», dans un article où il s’intéressait à la «guerre du pain» et qui se terminait par ces mots d'un jeune Syrien interrogé par lui:

«La guerre n’est pas aussi facile que nous le pensions au début. Cela paraissait si simple quand nous avons commencé à combattre. Mais je n’avais pas pensé que cela prendrait si longtemps.»

Le 25 avril 2013, il s'insurgeait sur son compte Twitter:

«Si 70.000 morts, ce n'est pas une #lignerouge, que sont quelques dizaines par des #armeschimiques? Je ne me fais l'avocat d'aucune option en #Syrie, mais après deux ans, il est temps d'arrêter de tergiverser.»

Le journaliste avait auparavant publié de nombreux reportages pour le magazine Time, notamment en Libye, où il avait couvert la chute de Mouammar Kadhafi et la mort de l’ambassadeur américain Christopher Stevens à Benghazi. À l’été 2011, il expliquait ainsi à quel point il était dur pour un journaliste de travailler dans une zone de guerre comme la Libye, aux côtés des rebelles. Puis, début 2012, qu’une «guerre» était en train de se dérouler dans le pays entre l’islam modéré et les fondamentalistes. Il avait aussi signé plusieurs reportages à Bahrein pour le Christian Science Monitor ou en Égypte pour le World Affairs Journal

Sur son compte Twitter, le journaliste, passionné de basket et originaire de Floride, s'autorisait parfois, entre une analyse et un hommage à un ami disparu, un tweet enthousiaste sur le Miami Heat, comme ce 3 août 2013, pour le dernier message posté avant sa disparition.

Steven Sotloff avait 31 ans.

Slate.fr

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