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Vous pouvez entraîner votre cerveau à avoir envie de manger des brocolis

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 04.09.2014 à 10 h 24

Repéré sur Nutrition & Diabetes, CNN, CBS News

“I do not like broccoli. And I haven't liked it since I was a little kid and my mother made me eat it. And I'm President of the United States and I'm not going to eat any more broccoli.”George Bush/ Kate Ter Haar via Flickr CCLicence By

“I do not like broccoli. And I haven't liked it since I was a little kid and my mother made me eat it. And I'm President of the United States and I'm not going to eat any more broccoli.”George Bush/ Kate Ter Haar via Flickr CCLicence By

On peut entraîner notre cerveau à avoir de «bonnes» habitudes alimentaires et à perdre les «mauvaises». Une étude publiée dans la revue Nutrition & Diabetes montre que le changement de comportement alimentaire peut modifier la façon dont le cerveau réagit aux aliments à faible ou haute teneur en calories.

Susan Roberts, auteure principale de l’étude, explique selon CNN que «dans la vie, on ne commence pas par adorer les frites et détester, par exemple, les pâtes au blé complet». Ce conditionnement arrive petit à petit, au fur et à mesure que l’on mange des frites de manière répétée. Il est donc «logique que l’inverse soit également vrai».

Les participants à l’expérience, 13 personnes en surpoids ou obèses, ont été divisées en deux groupes: un groupe témoin et un groupe expérimental. Avant de commencer, tous ont passé une IRM, pour enregistrer leur activité cérébrale en réponse à des photos de différents aliments plus ou moins «sains» ou gras et sucrés.

Le groupe expérimental a ensuite participé pendant 6 mois à un programme spécial pour mieux et moins manger, avec des «menus à portions contrôlées» (500 à 1.000 calories par jour en moins dans l'assiettte) et des «séances de soutien en groupe». Les personnes testées ont suivi un régime pauvre en graisses et glucides mais riche en fibres (et en légumes, donc) et en protéines pour prévenir la faim et les fringales, aspect important pour que cette façon de manger ne soit pas associée à la privation. Ils ont donc forcément perdu plus de poids que les participants du groupe «témoin».

Mais, plus intéressant, après une nouvelle IRM, les chercheurs ont de nouveau observé comment le cerveau réagissait à des images de nourriture, notamment dans les zones associées au système de la récompense. «Les personnes du groupe expérimental ont eu une réponse légèrement différente en voyant les aliments riches en calories. Les chercheurs ont observé une baisse d’activité dans le striatum devant l'image de ces derniers, et plus d’activité quand on leur montrait des aliments faiblement caloriques», explique encore CNN.

Ces 6 mois passés à manger différemment ont donc diminué la sensibilité à la junk food, et augmenté l'envie de nourriture saine. Il serait donc possible de renverser les habitudes, envies et addictions alimentaires, simplement en entraînant notre cerveau, en mangeant régulièrement plus de brocolis que de hamburgers? 

CBS News s'interroge:

«Alors, qu’est-ce que cela signifie pour nous? Si, pendant 6 mois, nous arrêtons de manger certains types d’aliments addictifs, riches en sucre raffiné et glucides simples, peut-être que nous pourrons vraiment apprécier le smoothie au kale que l’on persévère à essayer d’avaler au petit déjeuner.»

En fait, ce n'est pas si simple: les effets à court et long terme sont inconnus, et il faudra encore confirmer ces résultats avec plus de cobayes, en testant d’autres zones du cerveau. Mais Susan Roberts est très optimiste quant aux possibilités d'utiliser ces résultats dans la lutte contre l'obésité, en régulant mieux les envies des gens.  

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