Culture

Après Ferguson, un jeu vidéo vous met dans la peau d'un «journaliste citoyen»

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 02.09.2014 à 15 h 23

Repéré sur Versus, The Atlantic

Il y a une vingtaine d’années, quand deux agents de police ont passé à tabac Rodney King, George Holliday enregistrait les faits, caméra au poing. Depuis, le Printemps arabe, Occupy Wall Street et d'autres évènements historiques ont donné lieu à leur lot de tweets et de vidéos en ligne.

Les émeutes de Ferguson ont elles aussi vu naître de nombreux journalistes en herbe. La plupart des images relayées par les chaînes de télévision américaines sur la petite ville du Missouri provenaient de comptes Twitter, Vine ou LiveStream de citoyens qui utilisent les médias sociaux comme moyen d’expression, sans pour autant détenir une carte de presse.

Une situation que personne n'avait eu jusqu'ici l'idée d'appliquer à l'univers du jeu vidéo jusqu'à ce que le game designer Nicky Case, grand habitué des thèmes virtuels controversés, s'en empare. Frustré par le manque de journalistes encartés sur place lors des premières manifestations de Ferguson, il a voulu montrer à quel point le journalisme citoyen pouvait marquer l’Histoire.

En prenant les manettes de son nouveau jeu vidéo indépendant, encore sans titre, vous pourrez incarner un personnage dont les points correspondent à son nombre de followers sur Twitter. Là, comme dans la vie réelle, c’est en publiant des photos et des vidéos à l’occasion de manifestations ou pendant un déploiement brutal des forces de police que vous remporterez le plus grand nombre d’abonnés sur le réseau social. Une façon comme une autre de prendre la place du désormais célèbre TheePharoah, le jeune homme qui a livetweeté la mort de Micheal Brown l’après-midi du 9 août 2014.

Le précédent jeu vidéo de Nicky Case, Nothing to Hide, distribué gratuitement depuis mars 2014, mettait quant à lui en scène, rappelle-t-il au site The Atlantic, une jeune fille surveillée par d’innombrables caméras dans un esprit très orwellien:

«Dans Nothing to Hide, je dénonce une société ruinée par la surveillance. Mais avec ce jeu sur le journalisme citoyen, je montre un monde de "sousveillance", une société dans laquelle ce sont les citoyens qui disposent des caméras. Je pense que la "sousveillance" est un moyen crucial pour éviter que les gens au pouvoir ne dépassent les bornes, mais nous devons également faire attention à ce qu’elle ne détruise pas non plus le droit à la vie privée. Le risque étant de créer une société de "justiciers" dans laquelle tout ce que vous pourriez dire ou faire se retournerait contre vous.»

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