Catherine Deneuve sous les huées en Toscane

Après une telle mésaventure, il est à craindre que l'actrice ne remonte plus sur les planches.

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Le jour même où Catherine Deneuve confiait  à Jérôme Clément, sur France Culture (dans son émission «Paroles d'actrice», tous les samedis du mois d'août, à 14h), avoir toujours souffert d'un trac paralysant en public, au point de refuser obstinément - malgré de constantes sollicitations - de monter sur scène, on découvrait dans la presse italienne le récit de sa mésaventure théâtrale, survenue trois jours plus tôt le 5 août.

Troublante coïncidence, qu'explique le temps ralenti de l'été: à l'antenne, un rire de gorge, et la promesse que la lecture prévue au mois d'août pourrait enfin venir à bout de ces vilains démons; sur le papier, le récit froid, implacable d'un véritable désastre... L'émission avait bien sûr été enregistrée à Paris des semaines avant sa diffusion, le 8 août.

Or le 5 août au festival La Versiliana, à Marina di Pietrasanta en Toscane, Deneuve avait osé affronter le public le temps d'une lecture, aux côtés du célèbre comédien et metteur en scène Michele Placido Romanzo criminale», 2005), de «Je me souviens», de Georges Perec. Au bout de quarante-cinq minutes de spectacle (au lieu de l'heure et quart annoncée), l'assistance hue, siffle et prend d'assaut la billetterie aux cris de «Voleurs! Rendez-nous notre argent!»... au point de susciter une intervention des carabiniers.

Le calme revient difficilement, mais la proposition d'assister à un autre spectacle sur présentation du billet Deneuve-Placido (de 25 à 55 euros) finit par apaiser l'ire collective. L'incident, rarissime, en dit tout autant sur une certaine nervosité du public italien -sans doute plus prompt à siffler que d'autres, Roberto Alagna peut en témoigner - que sur le danger de «gonfler» un événement: le festival annonçait en «création mondiale» ce «Je me souviens» avec une star internationale, sans préciser qu'il s'agissait d'une simple lecture, et que Deneuve dirait son texte en français non surtitré...

Bravache, Deneuve a assuré à la presse italienne «ne rien regretter», «aimer ce festival et la Toscane» et avoir eu au moins «le bonheur d'affronter ce texte». Mais après une telle mésaventure - le pire cauchemar d'une traqueuse, tout de même! -, remontera-t-elle jamais sur les planches?

Il y a fort à parier que non, et que pour la voir en actrice de théâtre, il faudra revoir le magnifique «Dernier Métro» (1980), drame de l'Occupation où elle campe Marion Steiner, un personnage que François Truffaut, qui la connaissait bien, a modelé sur elle: une comédienne que les gens viennent voir au théâtre parce qu'elle délaisse le cinéma et qui le soir de la première n'est pas moins malade de terreur.

Jonathan Schel

Image de Une: Catherine Deneuve au festival de Cannes   Reuters

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Publié le 13/08/2009
Mis à jour le 13/08/2009 à 14h27
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