Double XScience & santé

Une organisation néerlandaise propose des avortements par correspondance pour les pays où l'IVG est illégale

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 01.09.2014 à 9 h 37

Repéré sur The New York Times Magazine

REUTERS/Stemagen/Handout.

REUTERS/Stemagen/Handout.

Pour les femmes qui vivent dans un pays où l’avortement est illégal, l’organisation Women on Web propose des interruptions volontaires de grossesse (IVG) par Internet, avec médicaments livrés par la poste et suivi médical en ligne. Le tout pour 90 euros, ou moins si la patiente n’a pas les moyens.

Un article du New York Times Magazine explique comment cette association basée à Amsterdam parvient à contourner les lois locales de nombreux pays tout en restant dans la légalité aux Pays-Bas.

La fondatrice de Women on Web, le médecin Rebecca Gomperts, s’était d’abord faite connaître avec Women on Waves, une autre tentative d’exploiter les failles de la loi: dans un bateau transformé en clinique, elle avait navigué dans les eaux internationales au large de l’Irlande, de la Pologne et du Portugal, où l’avortement était alors illégal. A bord, elle pouvait donner aux femmes qui le désiraient des médicaments provoquant des fausses couches au premier trimestre de grossesse.

Etant donné la résistance des autorités locales, les bateaux n’ont pas pu accueillir de nombreuses patientes, mais ces actions ont été très médiatisées. L’organisation a donc reçu de nombreuses demandes et, depuis 2006, Gomperts travaille surtout via Internet.

Près de 40% de la population vit dans un pays où l’avortement est illégal, et Women on Web reçoit environ 2.000 demandes par mois. Selon l’Organisation mondiale de la santé, en 2008, environ 47.000 femmes sont mortes des suites d’avortements effectués dans de mauvaises conditions.

La mifépristone et le misoprostol, les deux médicaments qui provoquent des fausses couches au premier trimestre, sont disponibles en France avec un suivi médical obligatoire, qui inclut deux consultations pour la prise des médicaments suivies d’une visite de contrôle.  L’idée de Gomperts est d’offrir ce même type de service, mais à distance.

Le site Women on Web –qui n’opère que dans les pays où l’avortement est illégal ou très restreint– s’est allié avec une compagnie pharmaceutique indienne, Kale Impex, qui fournit des médicaments génériques bon marché et de qualité. 

Dans son article, la journaliste Emily Bazelon explique le déroulement de cet IVG par correspondance. En général, une femme qui veut avorter remplit une consultation sur le site Women on Web afin de dater sa grossesse, et répond à des questions permettant de déterminer s’il y a des signes de complications (comme une grossesse extra-utérine). La consultation est ensuite envoyée à un médecin qui envoie une prescription à l’exportateur indien par Internet. La compagnie envoie le paquet de mifépristone et misoprostol avec un numéro qui permet de suivre le colis en ligne.

Une fois que les médicaments sont pris, le site explique ce qui va se passer –douleurs, crampes, saignements– et les patientes peuvent rester en contact avec des employées de Women on Web.

En cas de complication, le site recommande aux femmes d’aller voir un médecin sans dire quels médicaments elles ont pris. Les complications se traitent comme celles d’une fausse couche, et ne pas parler des médicaments évitera aux patientes d’être poursuivies en justice.

La plupart du temps, ce système fonctionne bien, mais quelques pays ont commencé à poser problème. Au Brésil, des douaniers confisquent parfois les médicaments dans les aéroports. Dans plusieurs cas, Gomperts a du recommander à des patientes brésiliennes d’aller au Mexique pour se faire avorter dans des cliniques publiques. Vu le nombre d’interceptions, Gomperts hésite à continuer de proposer ses services dans le pays: «Il est injuste de promettre de l’aide si moins de la moitié des colis arrivent à destination.» Elle réfléchit donc à d’autres moyens de contourner la loi brésilienne…

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