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Voilà ce que ça fait, d'assister à 278 exécutions de condamnés à mort

Temps de lecture : 2 min

Photo d'une chaise d'exécution au Texas, 1998/ Reuters
Photo d'une chaise d'exécution au Texas, 1998/ Reuters

Michelle Lyons est une citoyenne américaine qui travaille aujourd'hui dans les relations publiques, mais qui a passé une bonne partie de sa vie en lien avec le système judiciaire de l'Etat du Texas. En tant que reporter, puis en tant que porte-parole du Département de la justice criminelle de l'Etat - qui détient le record du nombre d'exécutions. Elle a assisté à la mort par injection létale de 278 personnes, dont deux femmes. Et elle a raconté au journal local, le Texas Monthly, ce que ça fait de voir autant de gens mourir. Elle ne s'en remet pas. Mais elle est toujours pour la peine de mort.

Le matin, quand elle a du temps, dans les transports, c'est le moment le plus dur, elle repense à tout ce qu'elle a vu:

«les conversations partagées avec tel détenu, quelques heures avant qu'il ne soit attaché à la table; les mères, habillées sur leur 31, venues pour assister à la mort de leur fils; les familles des victimes, leurs visages endurcis par le deuil; l'immobilité soudaine des prisonniers, rapidement après que les drogues mortelles sont entrées dans leur système sanguin. Elle voit encore certains de ces hommes—leur poitrine se gonfle, leur menton se raidit, alors qu'ils inspirent leur dernier souffle».

Lyons pense aujourd'hui que dans certains cas, certains n'auraient pas dû mourir:

«Il y a des hommes que j'ai vu mourir et je crois que je n'aurais pas dû. Je pensais que m'éloigner du système carcéral me permettrait de moins y penser, mais c'est le contraire. J'y pense tout le temps.»

Elle est toujours en contact avec l'un de ses anciens collègues de la Justice, de 38 ans de plus qu'elle, il l'avait recrutée et assistait aussi aux exécutions. Il était beaucoup moins grave qu'elle, proposait souvent d'aller boire des margaritas après les mises à mort. Il lui a dit récemment qu'il faisait des cauchemars la nuit sur cette époque à voir des gens mourir.

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