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Après Amazon, Google se met aussi officiellement aux drones

Repéré par Andréa Fradin, mis à jour le 29.08.2014 à 17 h 26

Repéré sur The Atlantic, Wired

Le secteur s'en doutait un peu, mais c'est le site The Atlantic qui le révèle très officiellement à l'occasion d'un article fouillé: Google se met aux drones.

Comme Amazon avant lui, qui annonçait avec fracas en décembre 2013 vouloir livrer des colis via drones, la boîte californienne réfléchit depuis 2011 «à l'idée de concevoir des véhicules volants», résume Wired, «[avant d'embaucher] en juillet 2012 Nick Roy, du programme d'aéronautique et d'astronautique du MIT».

Intitulé «Project Wing» («projet aile», oui ce n'est pas très novateur), ce projet de drones à usages commerciaux fait partie de ce que Google appelle ses «moonshots»: des programmes aussi ambitieux que le fait d'envoyer des humains marcher sur la Lune, auxquels le (plus si) secret laboratoire de la société, Google X, consacre du temps, de l'argent et des effectifs.

C'est d'ailleurs le chef désigné des «moonshots» de Google X, Astro Teller, qui explique l'ambition du projet Wing, dans une vidéo promotionnelle également mise en ligne par Google ce 28 août (voir ci-dessus):

«Le projet Wing aspire à abattre une bonne partie des derniers obstacles qu'il reste au fait de transporter des choses à travers le monde.»

Capture d'écran de la vidéo de Google.

A quoi ressemblent les drones de Google? A en croire The Atlantic, appuyé par les images de l'entreprise, plutôt à des espèces de micro-vaisseaux spatiaux à hélices, qui délivrent leurs marchandises via un petit dispositif, surnommé «l'oeuf», qui sort du ventre de l'engin pour déposer le colis au sol. Ce dispositif reste accroché à un fil, qui se déroule puis s'enroule à nouveau, une fois la livraison terminée et le drone en route vers son point de départ.

Beaucoup de modèles ont été envisagés pour ce véhicule et cette livraison d'un nouveau genre, explique le site américain, et s'arrêter sur le bon n'a pas été chose aisée:

«Imaginez toutes les manières possibles de faire quelque chose qui s'élève dans les airs pour retourner vers le sol. Pourquoi pas un petit parachute à la façon d'Hunger Games? L'équipe de Roy l'a essayé. Mais il y avait trop de vent et l'équipe a dû batailler pour la précision [du drone]. Pourquoi pas alors une approche ballistique, qui lancerait carrément [l'engin]

A ce propos, le chef du projet Nick Roy confie avoir «envisagé» l'idée, avant que Sergey Brin «sorte sur un balcon et soit presque percuté par un test».

La solution finalement retenue a été soumise à des tests en Australie: sur la vidéo, on assiste ainsi une livraison via drone de friandises pour chien, à la demande d'un fermier.

Néanmoins, ne vous attendez pas à voir débarquer les engins volants de Google lors de votre prochaine commande de bouquins. Il faut déjà que l'entreprise américaine, ainsi que la société dans son ensemble, déterminent clairement en quoi ces véhicules leur seraient le plus utiles.

Se pose aussi la question de la sécurité de ce genre de livraisons. Comme le raconte The Atlantic, tout un tas d'obstacles sont susceptibles de se dresser sur la route des drones, quand bien même ces derniers sont équipés de capteurs pour les détecter.

Reste enfin la question de la législation. Sur ce point, notre collaborateur Pierre Alonso précisait, lors de l'annonce très marketing d'Amazon, que «l'utilisation commerciale des UAV [pour unmanned aerial vehicule, le petit nom technico-chic des drones] est pour l'heure interdite»

Une indication donnée par Melanie Hinton de l'Association for Unmanned Vehicle Systems International, un lobby pro-drones américain, valable donc pour les Etats-Unis, mais s'appliquant aussi en France. «Même dans un cadre champêtre, c'est-à-dire une zone non-peuplée», poursuivait Pierre Alonso.

Néanmoins, l'annonce de l'entrée d'un poids lourd comme Google dans le «game» des drones peut changer la donne, estime The Atlantic. Surtout aux Etats-Unis, où l'autorité en charge de réguler le secteur de l'aviation, la Federal Aviation Administration (FAA) est censée autoriser le vol de drones commerciaux d'ici septembre 2015 -des dérogations existant déjà.

Et si la FAA semble avoir pris du retard sur ce calendrier, comme l'indique The Verge, le savoir-faire d'un Google peut accélerer les choses. La boîte sait en effet parfaitement travailler main dans la main avec les régulateurs, raconte The Atlantic, qui détaille sa stratégie dans le domaine des voitures sans conducteur, où l'entreprise veut voir percer sa Google car:

«Dans le cas de Google, cela pourrait signifier qu'ils feront ce qu'ils ont fait avec les véhicules sans pilote, [dossier pour lequel] ils ont embauché Ron Medford, un ancien officiel de la National Highway Traffic Safety Administration, pour faire du lobby en leur nom auprès des régulateurs.»

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