Science & santé

Non, un sous-marin supersonique n'est pas près de traverser le Pacifique en 100 minutes

Repéré par Grégoire Fleurot, mis à jour le 29.08.2014 à 12 h 49

Repéré sur Washington Post, Wired, Vice News

Yellow Submarine/JD Hancock via Flickr license CC BY 2.0

Yellow Submarine/JD Hancock via Flickr license CC BY 2.0

Vous avez peut-être lu cet article du International Business Times titré «La Chine avance sur le développement d'un sous-marin supersonique: le transport sous-marin sera peut-être possible dans le futur» ou celui ci de Gizmodo.fr annonçant «un sous-marin supersonique chinois filant à... 5.800 km/h».

Des annonces spectaculaires, mais c'est en fait un peu plus compliqué que cela, comme l'ont souligné plusieurs médias qui se sont penchés d'un peu plus près sur les travaux des chercheurs du Harbin Institute of Technology qui en sont à l'origine. Le Washington Post écrit ainsi à propos de la vitesse théorique mise en avant, et qui permettrait à l'engin de relier dans le futur Shanghai à San Francisco en 100 minutes, pour reprendre une estimation donnée en 2001 par le California Institute of Technology:

«Cela a peu de chances de se produire. Mais il y a beaucoup de raisons de croire que l'on puisse construire un sous-marin qui dépassera significativement la vitesse des modèles actuels les plus rapides, qui plafonnent à 74 km/h.»

Comme l'explique le site du magazine Wired, la technique de propulsion sur laquelle travaillent les chercheurs s'appelle la «supercavitation», et existe depuis plusieurs décennies. Le principe est le suivant: pour augmenter la vitesse sous l'eau d'un objet comme une torpille ou un sous-marin, on ajoute à l'avant de celui-ci un système qui créé une bulle de gaz autour de lui, ce qui réduit grandement le frottement du liquide sur le métal. Une technique utilisée dès les années 1960 par les Soviétiques sur leur torpille Chkval.

Mais l'optimisme des chercheurs se heurte à des problèmes pratiques, selon le Dr. Roger Arndt, professeur spécialisé sur le sujet à l'université du Minnesota, interrogé par Wired:

«Le diable est dans les détails. [...] Créer un sous-marin supersonique est un saut quantique. Ce qu'ils [les chercheurs] montrent ne donne pas la moindre idée de la technologie qu'ils ont développée.»

L'un des problèmes auxquels ils n'apportent pas de réponse détaillée est le pilotage, comme le souligne Vice News:

«Imaginez que vous êtes dans un hors-bord à pleine vitesse et que vous mettez votre main dans l'eau. C'est en gros ce que vous allez faire si vous essayez de piloter un engin dans une bulle de supercavitation. Pour qu'un aileron ou un gouvernail dirige un appareil, il faut que le système interagisse avec l'eau. Mais si vous allez à des centaines ou à des milliers de km/h, il y a de très fortes chances pour que l'aileron que vous faites sortir se fasse arracher.»

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