Les petits Américains des classes populaires posent moins de questions aux professeurs que les élèves des classes moyennes

Question Marks Cookies 3 / Scott McLeod via Flickr CC License by.

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Les enfants issus des classes populaires ont tendance à moins poser de questions aux professeurs que les élèves des classes moyennes, selon les recherches d’une sociologue américaine relayée par le New York Magazine.

«Les parents de la classe moyenne encouragent leurs enfants à parler aux enseignants et à poser des questions», explique Jessica McCrory Calarco, professeur à l’Université de l’Indiana. De leur côté, les parents des classes populaires ont tendance à dire à leurs enfants de se débrouiller tout seul plutôt que de «déranger» le professeur.

Ces différences culturelles dans le rapport aux professeurs renforcent les inégalités scolaires. Puisque les élèves des classes moyennes posent des questions quand ils sont en difficulté, ils bénéficient souvent d’une instruction plus adaptée à leurs besoins, ce qui leur permet de progresser plus vite. Ceux qui demeurent silencieux en cas d’incompréhension obtiennent moins de soutien.

Dans son article intitulé «Coachés pour l’école: transmission culturelle des parents et reproduction des inégalités éducatives», Calarco explique que cette différence d’approche vient en partie du fait que les parents aisés sont plus impliqués dans l’éducation de leurs enfants et connaissent mieux les attentes des enseignants. Les parents moins éduqués ont parfois une vision datée de l’enseignement, dans laquelle l’enfant doit plutôt se taire.

La sociologue conclut que les professeurs devraient mieux prendre en compte les différences de classe sociale entre élèves, et donc prendre l’initiative d’aider les élèves en difficulté qui ne demandent jamais d’aide.

Pour son article, Calarco a suivi quatre classes pendant deux ans, depuis l'équivalent américain du CE2 jusqu’au CM2, et a également rendu visite aux familles à leurs domiciles pour interviewer les parents. Les familles de classes populaires étaient en partie définies comme celles où les parents n’avaient pas fait d’études après le lycée. L’intégralité de l’article sera publiée en octobre dans l’American Sociological Review.

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