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Football: pourquoi la France ira en Afrique du Sud

Grégoire Fleurot, mis à jour le 05.09.2009 à 16 h 28

Entre le calendrier et les forces en présence, les raisons objectives ne manquent pas pour croire à la qualification des Bleus pour la prochaine Coupe du monde.

La France va se qualifier pour la prochaine Coupe du Monde de football. A croire la plupart des médias cette semaine, l'auteur d'une telle affirmation ne peut être qu'un supporteur des Bleus à l'optimisme béat qui prend un peu trop ses rêves pour la réalité. Le match du 5 septembre contre la Roumanie prend presque des allures de rencontre au sommet du foot international. Ce qu'il n'est pas. La tâche qui se présente à l'équipe de France n'a rien d'insurmontable sir les joueurs français jouent à leur niveau et ont un peu de réussite. Les raisons ne manquent pas pour croire à la présence des Bleus en Afrique du Sud l'été prochain. Il s'agit ici et volontairement de présenter les arguments en faveur d'un scénario favorable à l'équipe de France de football.

D'abord, le classement actuel des Bleus dans le groupe 7 de qualification est trompeur. Si la France compte cinq points de retard sur le leader Serbe, elle a également joué un match de moins, ce qui la ramène virtuellement à deux points du premier, et la placerait, toujours avec un match en moins, à au moins quatre points de son seul poursuivant sérieux la Lituanie. Bien sûr, les matches de retard n'ont jamais été synonymes de victoire, mais le calendrier français est un autre facteur d'optimisme.

Calendrier

Mis à part le voyage à Belgrade du 9 septembre qui s'annonce serré et qui devrait selon toute vraisemblance décider qui de la Serbie ou de la France terminera en tête du groupe, les Bleus ont trois matches largement à leur portée: une confrontation à domicile face aux Féroé, de loin l'équipe la plus faible du groupe, la réception de la Roumanie, qui n'est que le spectre de ce qu'elle était dans les années 1990 et celle de l'Autriche, qui n'a gagné qu'un match depuis le fameux 3-1 infligé aux Bleus à Vienne lors de la première journée des qualifications, il y a un an. Ces deux dernières équipes ont déjà sérieusement compromis leurs chances de participer à la Coupe du Monde, ce qui les rendra sans doute un peu moins difficiles à jouer.

Après avoir gagné petitement, mais gagné contre les Féroé les Bleus comptent quatre points d'avance sur le troisième du groupe, et sont presque assurés de terminer au moins deuxième. En comparaison, le calendrier de la Serbie paraît plus compliqué: les hommes de Radomir Antic ont déjà joué leurs matchs contre les Féroé, et finiront leur campagne par un déplacement périlleux en Lituanie qui pour le moment a encore un oetit quelque chose à espérer.

Bookmakers

Ce contexte favorable se reflète dans les cotes des bookmakers qui, à défaut de prédire à coup sûr l'avenir, sont un bon indicateur des forces en présence et prennent en compte tous les cas de figure. La France y est favorite pour remporter le groupe 7 de qualification à 1,65 contre un, la Serbie étant juste derrière à 2 contre un. Les autres équipes du groupe sont créditées de cotes très faibles.

Et dans le cas où la France n'arrive pas à tenir le rang que lui donnent les parieurs en remportant le groupe -seul moyen d'obtenir un ticket direct pour l'Afrique du Sud- elle terminera deuxième, résultat qui l'obligerait certes à disputer un double match de barrage périlleux, mais qui ne serait en rien éliminatoire. Le Portugal, l'Ukraine, l'Ecosse, la Turquie, la Grèce: les équipe qui pourraient se retrouver dans ces fameux barrages sont évidemment autrement plus compétitives que la Roumanie. Mais elles sont toutes des adversaires à la portée des Bleus. Où si ce n'est pas le cas, autant ne pas aller à la Coupe du monde avec des ambitions.

On semble l'oublier trop souvent, mais la France dispose tout simplement de l'un des meilleurs réservoirs de joueurs de classe mondiale de la planète. Bien sûr, il y a des problèmes à certains postes, et principalement en défense centrale. «Mexès n'a jamais donné sa pleine mesure et sort d'une saison moyenne avec la Roma, écrit le chroniqueur Pierre Ménès. Dans quelles dispositions Gallas va-t-il revenir? Escudé, Squillaci et Boumsong ont-ils l'étoffe de titulaires en puissance?» On parle aussi d'un manque de complémentarité au milieu entre le très en forme Lassana Diarra et Toulalan. Le sélectionneur dispose de nombreuses options pour régler ces problèmes, et notamment celle de faire appel à des jeunes très prometteurs comme le milieu d'Arsenal Abou Diaby ou Mamadou Sakho, défenseur ultra-précoce du PSG.

Luxe

Dans la plupart des compartiments, Domenech a le luxe de devoir choisir entre plusieurs joueurs de grande qualité, comme au poste d'arrière gauche où Clichy, Abidal et Evra, les trois prétendants, sont des joueurs de classe mondiale.

L'animation offensive de l'équipe, qui semblait pâtir depuis la retraite de Zidane, semble aujourd'hui retrouver de l'allant. Franck Ribery est unanimement considéré comme l'un des meilleurs joueurs du monde, et fait partie d'une galaxie à part aux côtés de Messi et Cristiano Ronaldo et Kaka. L'équipe de France peut aussi compter sur un Yoann Gourcuff qui a déjà démontré sa capacité à être décisif avec les Bleus et semble parti pour une autre saison de haute volée avec les champions de France Girondins.

Devant, Henry, même souffrant, et Anelka font partie des meilleurs attaquants du monde et sortent tous deux de saisons pleines — respectivement à Barcelone et à Chelsea, deux des meilleurs clubs du monde— tandis que Karim Benzema, qui n'a pas encore fait ses preuves avec les Bleus, va se retrouver à la pointe de l'équipe la plus attendue de l'année, le Real Madrid. Ces trois là auraient leur place dans presque toutes les sélections nationales. Sans oublier Gignac, l'homme en forme du moment, décisif comme passeur contre la Lituanie et comme marqueur contre les Féroé .

Une addition de talents individuels n'a jamais fait une équipe qui gagne. Mais en plus de la qualité intrinsèque de l'effectif, les Bleus disposent d'un autre atout: la continuité. Car si on peut ne pas être d'accord avec la reconduction de Raymond Domenech au poste de sélectionneur, il est en place depuis 2004 et connaît mieux que personne les qualités des joueurs à sa disposition. Il ne s'agit pas ici d'une continuité malsaine comme celle qui avait maintenu des joueurs vieillissants aux postes clés de l'équipe en 2002 et conduit à une Coupe du Monde catastrophique.

La moyenne d'âge de l'équipe s'est considérablement abaissée depuis quelques années, et les trentenaires ne représentent aujourd'hui qu'une minorité de l'effectif. Henry et Vieira, quand il est sélectionné, sont les derniers survivants de l'épopée de 1998, mais une bonne partie de l'effectif a l'expérience de finaliste de la dernière Coupe du Monde et celle des grands matches européens avec leurs clubs respectifs.

Sous la houlette de Domenech, l'équipe de France a déjà connu des qualifications difficiles —tout le monde a encore en tête le fameux match décisif en Irlande qui avait ouvert les portes de la Coupe du Monde 2006 aux Bleus — et ont démontré qu'ils savaient répondre présent lors des matchs couperets. Alors oui, la France va gagner contre la Roumanie et se qualifier pour la prochaine Coupe du Monde en Afrique du Sud, que ce soit directement ou à travers les barrages.

Grégoire Fleurot

Image de une: Gignac célèbre son but contre les Féroé    Bob Strong / Reuters

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Journaliste
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