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Et si, au lieu de favoriser le débat politique, les réseaux sociaux le neutralisaient?

Temps de lecture : 2 min

Une internaute twitte depuis Gaza, en août 2014. REUTERS/Siegfried Modola.
Une internaute twitte depuis Gaza, en août 2014. REUTERS/Siegfried Modola.

Internet en général, et les blogs et les réseaux sociaux en particulier, ont longtemps été vus comme un fantastique accélérateur de la démocratie, où toutes les opinions se retrouvaient et pouvaient être partagées. Pourtant, les réseaux sociaux, Twitter et Facebook en tête, réduiraient en fait la diversité des opinions et des débats politiques. C'est en tout cas le résultat d'une étude du Pew Research Center relayée par le New York Times.

Les utilisateurs réguliers de ces plateformes seraient en effet moins enclins à exprimer leurs opinions dans leurs discussions en ligne. D'après les conclusions de l'étude, ces réseaux favoriseraient ce qu'on appelle la spirale du silence. Cette théorie prétend que nous évitons d'exprimer nos opinions quand nous pensons qu'elles diffèrent de ceux de nos amis.

Pour aboutir à ces résultats, Keith N. Hampton, le directeur de cette étude, a questionné près de 2.000 Américains sur une affaire qui a récemment divisé les Etats-Unis: les révélations d'Edward Snowden sur les techniques de surveillance de la NSA. Puis il a demandé à ces personnes si elles auraient ou non abordé le sujet dans différentes situations.

Capture d'écran de l'étude du Pew Research Center

Il apparaît donc que les personnes interrogées rechignent de manière nette à exprimer une opinion ou à entamer un débat sur des sujets clivants comme celui-ci sur les réseaux sociaux.

Déjà, en 2010, le politologue Thierry Vedel avait mené une enquête sur les opinions politiques et Internet pour le Cevipof. Il en ressortait que les opinions politiques constituaient le deuxième sujet que les français partagent le moins sur le web.

Capture d'écran du rapport Mediapolis | Cevipof

Les réseaux sociaux sont d'ailleurs souvent critiqués pour nous conforter dans nos opinions. Facebook a ainsi tendance à nous montrer des publications qui se rapprochent de notre point de vue. Mais cela dépend surtout de nous-même car ce que nous voyons sur ces réseaux dépend aussi des choix que nous faisons, de qui nous suivons, de quelles pages nous «likons». Alors, pourquoi hésitons-nous à dévoiler notre opinion quand nous savons que personne ne sera là pour la contredire?

Slate.fr

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