Monde

Gaza: voilà à quoi va ressembler le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas

Joshua Keating, traduit par Grégoire Fleurot, mis à jour le 27.08.2014 à 11 h 51

Le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum est porté par des Palestiniens qui fêtent ce qu'ils qualifient de victoire après le cessez-le-feu à Gaza le 26 août 2014. REUTERS/Mohammed Salem

Le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum est porté par des Palestiniens qui fêtent ce qu'ils qualifient de victoire après le cessez-le-feu à Gaza le 26 août 2014. REUTERS/Mohammed Salem

Au vu des scènes de joie publiques ci-dessus, les habitants de Gaza semblent croire que le cessez-le-feu qui est entré en vigueur entre le Hamas et Israël mardi 26 août est différent des précédents. Il est difficile de prévoir si un tel accord peut tenir. La trêve de 72 heures négociée au début du mois d'août semblait partie pour durer avant de s'effondrer quelques jours plus tard.

Mais au moins, l'intensité de la violence a diminué. Cela ne veut pas dire que la situation a été calme.

Juste avant l'entrée en vigueur du nouvel accord, une roquette envoyée depuis Gaza a tué une personne dans un kibboutz israélien près de la frontière. Et la veille, 16 Palestiniens ont été tués par les frappes aériennes israéliennes. C'est triste à dire, mais cela représente une désescalade.

Je ne pense pas qu'un bref retour des combats soit à écarter, mais un retour au carnage dont nous avons été témoins en juillet semble improbable. Il y a des chances pour qu'Israël accepte d'assouplir le blocus sur les voyages et le commerce de Gaza, sans le lever totalement. Cela pourrait impliquer une ouverture partielle des check-points à la frontière, la construction d'un port et l'expansion des droits de pêche, de l'aide humanitaire et des négociations pour la libération de prisonniers.

Il est clair depuis plusieurs semaines qu'un accord final ressemblerait à ça. Pourquoi n'a-t-il pas été conclu avant?

L'accord n'est devenu possible qu'après qu'Israël a fini sa mission de destruction des tunnels du Hamas qui rentraient sur son territoire et après que la Hamas a combattu assez longtemps pour avoir une chance de vendre une «victoire de la résistance» à l'opinion palestinienne (le gouvernement israélien a été beaucoup moins enthousiaste à faire la publicité de ce cessez-le-feu, un porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu ayant simplement déclaré qu'Israël avait accepté un «cessez-le-feu ouvert»).

Les négociations vont continuer et vont être compliquées, et seront peut-être ponctuées de nouvelles éruptions de violence, mais les choses reviennent lentement à la normale. En d'autres termes, les choses reviennent à une situation intolérable qui n'est viable sur le long terme pour aucun des deux partis.

Il pourrait y avoir des signes indiquant que le statu quo délicat du conflit commence à évoluer. Les violentes manifestations et la sévère répression israélienne en Cisjordanie ne se sont pas transformées en la nouvelle intifada que beaucoup d'observateurs commençaient à évoquer, mais pourraient être un signe que de futures éruptions de violence seront plus étendues que celles-ci. Et Netanyahu ne semble plus pouvoir compter sur sa bonne cote popularité dans les sondages, ce qui est peut-être un signe que les combats ont duré un peu trop longtemps aux yeux de l'opinion israélienne, qui a initialement soutenu en masse l'opération «Bordure protectrice».

Mais même si les vents politiques semblent tourner lentement, le futur le plus probable reste encore un cycle de violence permanent. 

Joshua Keating
Joshua Keating (148 articles)
Journaliste
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