France

L'annonce de non-participation au gouvernement, un exercice politique bien particulier

Grégoire Fleurot, mis à jour le 27.08.2014 à 9 h 32

Arnaud Montebourg lors de sa conférence de presse du 25 août 2014 au ministère de l'Economie à Paris. REUTERS/Charles Platiau

Arnaud Montebourg lors de sa conférence de presse du 25 août 2014 au ministère de l'Economie à Paris. REUTERS/Charles Platiau

Entre l'annonce lundi 25 août au matin de la démission du gouvernement de Manuel Valls et l'énumération des nouveaux ministres par Jean-Pierre Jouyet sur le perron de l'Elysée peu avant 19h le lendemain, les médias se sont livrés aux désormais traditionnelles spéculations.

Des noms ont été lancés en pagaille et au conditionnel sur la base d'informations dont il était impossible de connaître l'origine, le tout dans une grande confusion qui n'est pas sans rappeler la chasse au scoop des journalistes sportifs pendant la période des transferts estivaux dans le football.

Mais cette fois-ci, phénomène relativement nouveau, plusieurs hommes politiques se trouvant dans des situations très diverses ont pris les devants en annonçant qu'ils ne participeraient pas au prochain gouvernement, chacun à sa manière.

L'ancienne ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti a lancé le mouvement dans une lettre ouverte adressée au Président («cher François») et au Premier ministre («cher Manuel») et publiée par Le Monde quelques heures après la démission du gouvernement. Elle y écrivait notamment:

«Il y a un devoir de solidarité, mais il y a aussi un devoir de responsabilité vis-à-vis de ceux qui nous ont fait ce que nous sommes. Je choisis pour ma part la loyauté à mes idéaux. Je ne serai donc pas [...] candidate à un nouveau poste ministériel.»

Quelques minutes après, le ministre sortant de l'Economie et du Redressement productif Arnaud Montebourg, qui venait de critiquer ouvertement la politique économique du gouvernement, déclarait au cours d'une conférence de presse qu'il croyait «nécessaire de reprendre sa liberté», et que Manuel Valls avait accepté de «la [lui] rendre», citant au passage de manière un peu hasardeuse un dictateur romain, Cincinnatus, qui «préféra quitter le pouvoir pour retourner à ses champs et à ses charrues.»

Dans la soirée, c'était le ministre de l'Education démissionnaire Benoît Hamon qui venait compléter ce trio de prestige sur le plateau du JT de France 2 en annonçant qu'il «ne participerai pas au nouveau gouvernement»:

«Il aurait été incohérent, alors que j'ai exprimé un désaccord avec un point important de la politique économique et sociale du gouvernement, que je reste au gouvernement»

Mardi, une nouvelle salve de défections a eu lieu. Robert Hue, le sénateur et ancien président du Parti communiste, a choisi de s'exprimer sur le site de son parti, le Mouvement unitaire progressiste, pour démentir les rumeurs sur sa participation au gouvernement. Quelques minutes plus tard, un autre sénateur, l'écologiste Jean-Vincent Placé, a lui aussi donné tort aux nombreux articles qui l'envoyaient aux côtés de Manuel Valls, via Twitter:

Les conditions pour la participation d'écologistes ne st pas reunis. Je souhaite évidemment la réussite du gouvernement de la France

— Jean-Vincent Placé (@JVPlace) 26 Août 2014

Le président des Radicaux de gauche, Jean-Michel Baylet, a de son côté estimé nécessaire d'annoncer qu'il ne serait pas de la partie avant que le Secrétaire d'Etat aux Transports, à la Mer et à la Pêche, Frédéric Cuvillier, ne publie un communiqué expliquant pourquoi il avait refusé la proposition que lui avaient faite Manuel Valls et François Hollande de rester au gouvernement:

Si beaucoup se sont moqués de cette série d'annonces, on peut néanmoins souligner qu'aucun futur n'a annoncé sa nomination avant sa publication officielle à la manière de Frédéric Mitterrand en 2009.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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