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En ravissant le ministère de la Culture, Fleur Pellerin prend sa revanche sur Aurélie Filippetti

Andréa Fradin, mis à jour le 26.08.2014 à 20 h 08

Montage | REUTERS Charles Platiau et Stephane Mahe

Montage | REUTERS Charles Platiau et Stephane Mahe

Fleur Pellerin l'aura finalement emporté. En étant nommée ce mardi 26 août à la tête du ministère de la Culture, elle prend sa revanche sur sa rivale de toujours, Aurélie Filippetti.

Annoncée sur la sellette, l'ancienne occupante de la rue de Valois avait anticipé son départ en annonçant son intention de ne pas rempiler dans un ministère quelques heures seulement après l'annonce de la démission de la première mouture de l'exécutif Valls.

Les deux femmes n'auront donc plus à s'affronter, au moins directement, et le gouvernement s'épargne ici une rivalité qui remonte à la campagne de 2012.

Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour voir l'orage se former. Peu de temps après l'annonce de leurs attributions respectives, Fleur Pellerin et Aurélie Filippetti se sont rapidement écharpées. 

Il faut dire que leurs dossiers respectifs, numérique pour la première, culture pour la seconde, ont historiquement de nombreux points de friction, et depuis longtemps. Téléchargement illégal, numérisation des livres: autant de sujets sur lesquels s'affrontent depuis des années le secteur culturel et les communautés du Net -qu'ils se présentent comme webentrepreneurs libertaires ou défenseurs des libertés sur le réseau.

C'est d'ailleurs Hadopi qui a mis le feu aux poudres. Début décembre 2011, tout juste présentée comme porte-étendard du numérique pour François Hollande, Fleur Pellerin se fait vertement reprendre pour avoir osé évoquer l'épineux dossier, qui collait alors autant aux basques de l'UMP que du PS.

Rencontrée pour un entretien sur le site Owni, Fleur Pellerin avait alors demandé de «retirer toute citation concernant le sort de l’Hadopi», ses premières prises de position publiques sur le sujet n'ayant pas plu en interne... particulièrement du côté d'Aurélie Filippetti. Elle apportait le coup de grâce quelques jours plus tard sur Marianne, comme nous le rapportions dans le livre Partis en ligne:

«En charge du dossier, c’est l’élue de Moselle Aurélie Filipetti qui a porté le coup de grâce dans Marianne 2, en qualifiant d’“erreur” la sortie de sa consœur. “Sur Hadopi, c’est moi” a-t-elle précisé sans détour avant d’enfoncer le clou “c’est une inexpérience de sa part, la politique, c’est aussi une question d’expérience.”»

Premier accrochage d'une longue série sur la question d'Hadopi et de l'encadrement de la diffusion des oeuvres sur Internet, dont certains ont su tirer partie. Ainsi, Owni toujours raconte comment certains représentants des ayants droit, opposés à un modèle de licence globale, «ont su mettre à profit la division entre les deux chargées de pôles socialistes»:

«L’inévitable patron de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), Pascal Rogard, n’y est pas étranger. Présent aux voeux du Conseil national du numérique, qui réunissait le gratin du secteur, le vieux briscard, tapotant sur l’épaule d’un collaborateur de Fleur Pellerin, se réjouissait:"Tu es du bon côté de la force".»

Encore récemment, Fleur Pellerin et Aurélie Filippetti se faisaient remarquer lors de l'inauguration du centre culturel de Google, où la seconde a refusé d'aller avant d'être supléée par la première, ou bien encore au festival de Cannes, où la seconde a exigé de monter seule les marches, à en croire Le Canard Enchaîné cité par le Lab. 

Andréa Fradin
Andréa Fradin (204 articles)
Journaliste
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