France

Les ministres auxquels vous avez échappé (ou qui y ont échappé)

Mélissa Bounoua, mis à jour le 26.08.2014 à 20 h 04

François Hollande et Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l'Elysée, le 2 juillet 2014. REUTERS/Alain Jocard.

François Hollande et Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l'Elysée, le 2 juillet 2014. REUTERS/Alain Jocard.

Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Aurélie Filipetti et Frédéric Cuvillier ne sont plus ministres du gouvernement de Manuel Valls. Pour les remplacer, des noms ont beaucoup circulé après l'annonce de la démission du gouvernement, lundi 25 août.

Tellement de noms que certains se sont exprimés pour dire leur refus d'y entrer. Il était frappant de constater que les refus était plus nombreux que les suggestions sérieuses de remplacement des ministres démissionnés (on parlait finalement assez peu d'Emmanuel Macron, par exemple, avant l'annonce de son entrée). 

Voici donc le non-gouvernement Valls.

Jean-Vincent Placé

L'écologiste devait réparer le manque de membres d'EELV au gouvernement depuis le départ de Cécile Duflot et Pascal Canfin. Il a expliqué son refus sur Twitter:

Le Point croit savoir qu'il ne pouvait pas faire ça à l'ex-ministre du Logement: «Bien que sur une ligne différente (elle plus à gauche, lui plus au centre), [Cécile Duflot] reste la chef naturelle des écolos et Placé n'a jamais su dire non à "la patronne". C'est là peut-être sa faiblesse... Et après quatorze ans d'amitié, il ne compte pas lui faire de "crasse" (sic).»

Barbara Pompili et  François de Rugy

Des discussions ont bien eu lieu avec les chefs de file des députés écologistes, la vice-présidente du groupe écologiste à l'Assemblée ne le nie pas. Mais elle a annoncé ne pas y aller avant-même que Jean-Vincent Placé ne le fasse.

 

Barbara Pompili avait refusé d'entrer au gouvernement avant le tweet de @JVPlace @BFMTV

— Pauline de St Remy (@PauSR) August 26, 2014

François de Rugy, l'autre co-président du groupe, a aussi vu son nom cité. Il avait en effet regretté que Cécile Duflot ne souhaite pas faire partie du premier gouvernement de Manuel Valls. Quelques mois après, il estime toujours que c'était un «recul».

Jean-Michel Baylet

Le radical de gauche en avait envie. Mais il voulait un ministère régalien. On le lui a refusé. Les radicaux gardent néanmoins leurs trois maroquins, confiés à Thierry Braillard (Sports), Annick Girardin (Développement et Francophonie) et Sylvia Pinel (Logement).

 

Robert Hue

Très proche de François Hollande, le leader du Mouvement progressiste a mis fin à toutes les rumeurs sur le site de son parti:

«Ni la ligne politique proposée au nouveau gouvernement ni sa composition n’étaient de nature à permettre, en tout état de cause, notre participation pour agir dans le sens d’une inflexion sociale nécessaire.»

François Lamy

L'ex-ministre de la Ville est proche de Martine Aubry. Peut-être trop à gauche pour accepter de faire partie de l'équipe de Manuel Valls: «La discussion a été chaleureuse et franche, mais je ne souhaite pas entrer dans le nouveau gouvernement», dit-il au Parisien«C’est une question de ligne politique : je ne suis pas sûr de partager les orientations du futur gouvernement sur la réforme du Code du travail, le relèvement des seuils sociaux ou la baisse des dépenses publiques et notamment les 11 milliards d’euros en moins pour les collectivités locales.»

Christophe Girard

Adjoint à la Culture de Bertrand Delanoë entre 2001 et 2004, maire du 4e arrondissement de Paris après l'ex-ministre Dominique Bertinotti, Christophe Girard a été approché pour prendre le ministère de la Culture, selon les informations du Point. Manuel Valls a préféré Fleur Pellerin.

Jack Lang

A 74 ans, Jack Lang prend toujours la parole. Celui qui a été quatre fois ministre n'a pas manqué de critiquer les jeunes Hamon et Montebourg pour avoir été si déloyaux.

Martine Aubry

Le nom de l'ex-candidate à la primaire surgit à chaque soubresaut à gauche. Elle devait sortir «de son silence», selon ses proches. Elle n'en a rien fait.

Luc Carvounas

Ce jeune sénateur PS du Val-de-Marne, proche de Manuel Valls, aurait aussi pu faire l'affaire, n'hésitant pas à désigner Arnaud Montebourg en coupable idéal de la crise à gauche:

Michel Barnier

Le vice-président du Parti populaire européen a eu le malheur d'avoir rendez-vous avec Manuel Valls alors que les tractations avaient lieu, lundi. Certains y du coup vu un geste d'ouverture.

Pourtant, il ne s'agissait que de parler d'Europe, pour un rendez-vous calé de longue date: Michel Barnier est commissaire européen au Marché intérieur et aux Services depuis février 2010, et devrait voir Pierre Moscovici lui succéder dans le rôle de commissaire français. Mais Barnier a pu aussi parfois se montrer très ouvert aux idées du Premier ministre, invitant son camp à voter en faveur de certaines mesures présentées par le gouvernement.

Mélissa Bounoua
Mélissa Bounoua (93 articles)
Rédactrice en chef adjointe de Slate.fr
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