Aux Etats-Unis, les compagnies d'assurances lorgnent sur les objets connectés pour mieux vous surveiller

Instrumented Human par Garrett Coakley | FlickR licence cc by sa

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Et Apple serait de la partie...

Utiles pour compter vos pas, tracer vos trajets, évaluer la qualité de votre sommeil ou même mesurer la vitesse de votre coup de fourchettes, les objets connectés se font désormais courtiser... par les compagnies d'assurance.

Aux Etats-Unis, nombre d'entre elles élaborent en effet de tout nouveaux types de contrats, écrit Bloomberg, prenant en compte les données envoyées en temps réel par ces appareils connectés, présentés comme le prochain boom de l'économie numérique.

Bloomberg détaille par exemple le cas d'un assuré qui s'est vu proposer de porter «un bracelet de fitness de la marque Fitbit pour gagner des points lui donnant accès à une assurance santé moins chère.» Un cas qui est loin d'être isolé aux Etats-Unis, poursuit le site: le géant BP a ainsi acheté 25.000 bracelets Fitbits pour ses employés, quand Apple, qui développe son service mobile HealthKit, serait aussi en train de négocier avec les plus gros assureurs du pays, la compagnie UnitedHealth, révèle Bloomberg.

Pour rappel, aux Etats-Unis, ce sont les entreprises qui offrent, dans la plupart des cas, des assurances privées à leurs employés. Et qui recherchent donc, à ce titre, des moyens pour faire baisser la facture.

Un patron de boîte confie ainsi à Bloomberg avoir «[...] négocié 300.000 dollars de baisse sur l'assurance annuelle de son entreprise en partageant à la compagnie d'assurance les données montrant que son équipe est en meilleure santé.»

Sans passer par la case assurance, d'autres entreprises s'appuient tout autant sur ces dispositifs connectés pour offrir des récompenses à leurs employés:

«Houston Methodist, propriétaire d'une chaîne d'hopitaux dans la région de Houston, s'est procuré 6.000 Fitbits cette année et offre à ses employés la chance de gagner 10.000 dollars s'ils marchent davantage que les directeurs de l'entreprise.»

Evidemment, la perspective d'avoir patrons et assurances littéralement et à chaque instant sur notre dos soulève de lourdes interrogations en ce qui concerne la vie privée. Comme le note France Info, on peut redouter la survenue d'«un système orwellien où les comportements "à risques" (tabac, alcool, absence de sport...) seraient pénalisés en temps réel, les usagers ayant un mode de vie jugé sain ayant, de leur côté, des avantages en échange.»

Un scénario qui, il n'y a pas si longtemps, aurait relevé au mieux de la science-fiction, au pire d'une projection ubuesque. Maintenant qu'il est bien réel, il fait redouter des perspectives autrement plus sombres en termes de monitoring de l'intime, et de «quantified self»: de l'auto-quantification.

Ainsi, peut-être verrons-nous un jour débarquer des toilettes connectées? Testé sous forme d'énorme farce l'an passé lors d'une conférence à Toronto sur la surveillance et la vie privée, rien ne semble en effet empêcher aujourd'hui que le concept prenne vraiment vie.

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