CultureFrance

«Songs in the Key of Arnaud»: on a cherché une nouvelle sonnerie de mobile pour Arnaud Montebourg

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 25.08.2014 à 17 h 57

Détail de la pochette de l'album «Songs in the Key of Life» (1976) de Stevie Wonder.

Détail de la pochette de l'album «Songs in the Key of Life» (1976) de Stevie Wonder.

«Dans sa poche de veston, un smartphone qui sonne sur l'air de Isn't She Lovely, le tube de Stevie Wonder. "Ah! ah! Isn't she lovely, la croissance? Elle n'est pas belle, la croissance?"»

C'est ainsi que Le Monde introduisait, samedi 23 août, son entretien avec le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg, première étape officielle, avant son discours de Frangy-en-Bresse, dans le processus de rupture qui a conduit à la démission du gouvernement Valls, lundi.

Arnaud n'étant désormais plus chargé de s'assurer que la croissance est «belle» (ah bon, il ironisait? Vous êtes sûr?), nous avons pris sur nous de lui sélectionner cinq nouvelles sonneries de portable, toutes également extraites du chef-d'œuvre de Stevie Wonder où l'on trouve la chanson Isn't She Lovely, Songs in the Key of Life (1976).


Saturn –pour clamer son départ

«Packing my bags-going away
To a place where the air is clean»

«Je fais mes bagages, je m'en vais, là où l'air est respirable.» OK, Stevie ne parle pas de la Saône-et-Loire, mais de la planète Saturne. Mais «there's no principles in what you say/No direction in the things you do» («Vous dites des choses sans principe/Faites des choses sans direction»), lancé à François Hollande et Manuel Valls, ça sonne pas mal, non?


Joy Inside My Tears –pour se justifier auprès d'Hollande

«I've always come to the conclusion that "but" is the way
Of asking for permission to lay something heavy on one's head
So I have tried to not be the one who'll fall into that line
But what I feel inside I think you should know»

«J'en suis toujours venu à la conclusion que "mais" était une façon de demander à quelqu'un de lui faire peser un poids sur la tête. J'ai donc essayé de ne pas être celui qui tomberait là-dedans, mais je pense que tu dois savoir comment je me sens à l'intérieur.» Une belle justification de la liberté de parole gouvernementale et du franchissement des lignes jaunes.


Ordinary Pain –pour consoler ses collègues du PS oubliés du nouveau gouvernement

«When by the phone
In vain you sit
You very soon in your mind realize that it's not just
An ordinary pain in your heart»

«Quand vous attendez en vain auprès de votre téléphone, vous réalisez très vite dans votre esprit qu'il ne s'agit pas juste d'une peine de cœur ordinaire.» Eh oui, les remaniements, c'est beaucoup d'histoires de téléphone.


Village Ghetto Land –pour décrire la France industrielle des perdants de la mondialisation

«Would you like to go with me
Down my dead end street»

«Voulez vous m'accompagner jusqu'au fond de cette impasse», clamait Stevie sur cette description crue des ghettos, qui critique aussi les hommes politiques («Politicians laugh and drink-drunk to all demands»).


Pastime Paradise —pour se faire le prophète de l'apocalypse et d'un 21 avril puissance mille

«Dissipation
Race Relations
Consolation
Segregation
Dispensation
Isolation
Exploitation
Mutilation
Mutations
Miscreation»

La litanie se passe de traduction –contrairement aux allusions historiques d'Arnaud Montebourg à Cincinnatus dans son discours de départ de Bercy.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (942 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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