France

La fascinante interview d'un Montebourg en sursis, une heure avant la démission du gouvernement

Repéré par Grégoire Fleurot, mis à jour le 25.08.2014 à 16 h 07

Repéré sur Europe 1


Arnaud Montebourg sur Europe 1, le 25 août 2014.

C'était sans doute sa dernière interview en tant que ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique dans le gouvernement Valls. Ce lundi 25 août à 8h20, pendant un peu plus de 13 minutes, Arnaud Montebourg a répondu aux questions de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 après un weekend dominé par les critiques qu'il a formulées à l'encontre de la politique économique du gouvernement (dans un entretien au Monde samedi, puis dimanche lors de la traditionnelle Fête de la rose, organisée dans son fief de Frangy-en-Bresse).

Moins d'une heure après la fin de cette intervention à la radio, l'Elysée annonçait dans un communiqué que Manuel Valls avait présenté la démission de son gouvernement à François Hollande, et que ce dernier avait demandé à son Premier ministre de «constituer une équipe en cohérence avec les orientations qu’il a lui-même définies pour notre pays», une allusion à peine voilée aux critiques d'Arnaud Montebourg.

Le ministre savait-il ce qu'il allait se passer quelques minutes plus tard lors de son passage à la radio? Son interview est en tous cas un document assez fascinant dans lequel il s'efforce de minimiser la portée de ses propos du weekend, qui ont sans doute précipité la fin du gouvernement, tout en les assumant.

Affirmant qu'il ne pensait pas avoir déclenché «la colère» du président de la République, Arnaud Montebourg y assure qu'il ne s'agit pas d'un «débat d'autorité», mais plutôt d'un «débat d'orientation»:

«Nous avons discuté tout l'été avec les uns et les autres dans la collégialité du gouvernement. [...] Mon discours de Bercy du 10 juillet où je présentais les orientations du ministère de l'Economie était exactement le même discours. [...] Tant que les décisions ne sont pas prises, il n'y a pas d'infraction à la solidarité gouvernementale.»

Quand Jean-Pierre Elkabbach lui demande s'il sera encore ministre demain, Arnaud Montebourg répond un laconique «Je l'ignore» avant d'avancer:

«Il ne me semble pas qu'on se sépare des ministres pour la simple raison qu'ils portent des propositions dans un débat justifié.»

Méthode Coué ou manière de préparer le terrain en vue d'une séparation? On en saura un peu plus lors de la conférence de presse que l'intéressé va tenir à Bercy à 16h. 

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