France

Horoscope politique: ministres de l'Économie aux initiales A.M., méfiez-vous du 25 août!

Temps de lecture : 2 min

Alain Madelin quitte l'Élysée deux jours avant sa démission de Bercy, le 23 août 1995. REUTERS/Jean-Christophe Kahn.
Alain Madelin quitte l'Élysée deux jours avant sa démission de Bercy, le 23 août 1995. REUTERS/Jean-Christophe Kahn.

«Les déclarations du ministre de l'Économie et des Finances contrarient la volonté réformatrice du gouvernement, fondée sur une politique de justice sociale et fiscale et sur une méthode de concertation large et responsable. [...] J'attends de l'ensemble du gouvernement la détermination et la solidarité qui permettront de poursuivre dans la voie du changement qu'attend le pays pour plus de justice et d'efficacité.»

Ces déclarations du Premier ministre ne sont pas datées de 2014, mais de 1995: c'est Alain Juppé qui les a prononcées alors que son ministre de l'Économie Alain Madelin venait de lui remettre sa démission. Une démission largement sollicitée par Matignon et décidée avec «l'accord complet du président de la République», de même que l'Elysée fait part ce lundi d'un «consensus absolu» entre François Hollande et Manuel Valls sur la démission du gouvernement consécutive aux déclarations tonitruantes d'Arnaud Montebourg. Une démission survenue le 25 août, 19 ans jour pour jour après celle d'Alain Madelin.

Sur le plan des orientations politiques, les deux crises ne sont pas strictement comparables. Là où Arnaud Montebourg réclame une orientation plus à gauche de la politique gouvernementale, Alain Madelin s'était lui distingué en appelant à une politique plus libérale, dénonçant les «avantages acquis»: la veille de sa démission, il avait notamment dénoncé, sur Europe 1, la famille de RMIstes qui «gagne plus que, sur le même palier, la famille où l'on se lève tôt le matin [...] pour gagner le Smic».

Mais sur le plan du clash entre un ministre de l'Économie iconoclaste et son chef du gouvernement, le rapprochement fait sens: la comparaison entre ces deux ministres de l'Économie forts en gueule a d'ailleurs été faite par Anne Sinclair sur le Huffington Post, qui rappelle au passage qu'«Arnaud Montebourg a enfreint cette règle simple, théorisée autrefois par Jean-Pierre Chevènement [...]: "Un ministre ça ferme sa gueule. S'il veut l'ouvrir, il démissionne"». Et... Alain Madelin lui-même a jugé sur BFM TV qu'Arnaud Montebourg a «franchi plusieurs fois la ligne».

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Conclusion en forme d'horoscope: ministres de l'Économie aux initiales A.M., restez au lit aux alentours du 25 août. Ou bornez vos interventions médiatiques aux célébrations de la Libération de Paris.

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