Monde

Les Etats-Unis n'ont pas assez d'informations sur la Syrie pour y mener des frappes aériennes

Grégoire Fleurot, mis à jour le 25.08.2014 à 10 h 49

Des habitants de Tabqa en Syrie et des membres de l'Etat islamique fêtent la prise de la base aérienne de la ville par le groupe djihadiste le 24 août 2014. REUTERS.

Des habitants de Tabqa en Syrie et des membres de l'Etat islamique fêtent la prise de la base aérienne de la ville par le groupe djihadiste le 24 août 2014. REUTERS.

La probabilité pour que les Etats-Unis mènent des frappes aériennes contre l'Etat islamique en Syrie a considérablement augmenté au cours des derniers jours. L'armée américaine mène déjà une campagne de frappes contre le groupe djihadiste en Irak depuis le 7 août, mais semble convaincue que cela ne suffira pas pour vaincre le groupe terroriste que le  secrétaire à la Défense Chuck Hagel a récemment qualifié de «plus sophistiqué et mieux financé» qu'al-Qaida ne l'était dans les années 2000.

Alors que la publication par l'Etat islamique d'une vidéo de l'exécution du journaliste américain James Foley a rendu la menace plus concrète pour l'opinion publique, le chef d'Etat-major des armées, Martin Dempsey, a répondu à une question sur d'éventuelles frappes syriennes en affirmant «envisager toutes les options». Un conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche a surenchéri:

«Nous examinons activement ce qui sera nécessaire pour répondre à cette menace et nous ne serons pas limités par des frontières.»

Mais il existe deux obstacles de taille à l'élargissement de la campagne aérienne américaine que certains qualifient déjà d'inévitable: le manque d'informations dont disposent les services de renseignement américains sur ce qui se passe en Syrie et l'impossibilité d'y utiliser des drones, l'arme de choix de l'administration Obama dans sa lutte contre le terrorisme, rapporte le journaliste Greg Miller dans le Washington Post.

Les drones américains, largement utilisés pour abattre des cibles au Yémen et au Pakistan avec l'accord tacite de ces gouvernements et qui surveillent l'Etat islamique depuis le ciel irakien, ne pénètrent pas l'espace aérien syrien où ils risquent de se faire descendre par les défenses aériennes du régime. La Syrie et les Etats-Unis ont désormais un ennemi commun mais continuent à être des adversaires (les Américains ont menacé en 2013 de mener des frappes aériennes après l'utilisation par Assad d'armes chimiques). Pour Bachar al-Assad, laisser des drones américains survoler son territoire donnerait aux Etats-Unis l'opportunité d'acquérir des renseignements sur ses propres forces. Greg Miller écrit:

«Des responsables militaires et du renseignement de premier plan, qui se sont exprimés de manière anonyme pour discuter de ces opérations sensibles, ont déclaré que les agences d'espionnage américaines n'ont pas encore amassé les capacités nécessaires pour viser les leaders de l'Etat islamique et fournir des informations assez fiables pour soutenir une campagne de frappes.»

Selon une des sources citées par Miller, «il faudrait probablement plusieurs mois pour rassembler les informations suffisantes».

Grégoire Fleurot
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