Monde

Exécution de James Foley: un ancien rappeur londonien parti en Syrie suspecté

Repéré par Andréa Fradin, mis à jour le 24.08.2014 à 13 h 19

Repéré sur The Independent, The Telegraph, The Guardian

Capture d'écran d'un clip du suspect.

Capture d'écran d'un clip du suspect.

L'étau se resserre autour des djihadistes qui ont exécuté le journaliste James Foley. A en croire les informations du journal The Independent, les investigations se porteraient notamment désormais sur un ancien rappeur londonien, parti «se battre pour l'Etat islamique (Isis) en Syrie».

La vidéo de l'assassinat, publiée sur Internet, avait rapidement permis d'établir que le bourreau de James Foley, qui se fait appeler John, était d'origine britannique, du fait notamment de son accent, typique d'un «anglais multicurel londonien», confiait une linguiste au Guardian le 20 août.

Un profil qui pourrait correspondre à Abdel-Majed Abdel Bary, 24 ans, parti en Syrie en juillet 2013 et dont les morceaux produits sous le blase de «L Jinny» ou «Lyricist Jinn» étaient notamment diffusés sur BBC Radio en 2012.

Le parcours du jeune homme est connu depuis longtemps, et pas que dans la chanson. Le 15 août dernier, il publiait sur son compte Twitter une photo de lui, tenant une tête à bout de bras, avec comme légende:

«Moi et mon pote, ou en tout cas ce qu'il en reste.»

«The Beginning», l'un des derniers morceaux diffusés par Abdel-Majed Abdel Bary.

Son compte Twitter @, rebaptisé pour l'occasion «Terrorist», a par la suite été suspendu.

Un peu plus tôt dans l'année, en mars 2014, il publiait sur ce même compte un message déclarant que lui et un certain Abu Hussein, également britannique, «venaient d'être kidnappés, torturés par FSA/IF», (Armée syrienne libre), un groupe rival d'Isis en Syrie, rapportait alors le Daily Mail.

Le père de Abdel-Majed Abdel Bary, un réfugié égyptien, est également bien connu des autorités, puisque ce dernier est considéré comme «l'un des plus proches lieutenants d'Ousama Ben Laden», écrit The Independent. Il a été extradé aux Etats-Unis en 2012, suspecté d'avoir activement participé à deux attentats visant des ambassades américaines en Afrique en 1998.

Selon The Independent, l'évolution du jeune homme serait perceptible dans ses morceaux. Dans l'une de ses dernières productions diffusées en mars 2013 et intitulée «The Beginning», il affirmerait même:

«Donne moi la fierté et l'honneur de mon père / Je jure que le jour où ils sont venus prendre mon père, j'aurais pu tuer un flic ou deux.»

Avant ce morceau, le jeune homme faisait souvent référence au parcours de son père et à la difficulté de vivre avec sa mère et cinq de ses proches. 

Sa page Facebook, dont le dernier message pointe vers un article du DailyMail sur son engagement en Syrie, compte désormais de nombreuses menaces. 

Deux autres Britanniques sont suspectés d'agir aux côtés d'Abdel-Majed Abdel Bary en Syrie. Il s'agirait d'un médecin arrêté puis acquitté en 2012 pour «le kidnapping d'un journaliste britannique, John Cantlie», précise The Telegraph. Qui ajoute:

«Il avait toujours clamé son innocence, affirmant être allé en Syrie pour aider les victimes de la guerre civile.»

Le troisième suspect serait un ancien dealer de drogue de l'Ouest de Londres, converti à l'Islam en prison et parti faire le djihad en Syrie.

Tous trois feraient partie d'un groupe se faisant appeler «Les Beatles», selon un ancien otage interrogé par Le Guardian.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte