Santé

Des malades d'Alzheimer vont recevoir le sang de jeunes gens

Temps de lecture : 2 min

Non, il ne s'agit pas de vampires. Oui, c'est très sérieux.

 «Blood» par Mate Marschalko | FlickR licence CC BY

L'annonce sonne comme un scénario digne d'un Nosferatu moderne. Il n'en est rien: dès le mois d'octobre, «des personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer se verront injecter du sang de personnes plus jeunes, annonce The Scientist, dans l'espoir que cela renverse certains effets de la maladie.»

Sollicitant des donneurs âgés de moins de trente ans, et des volontaires souffrant d'un Alzheimer modéré, poursuit le site, l'expérimentation s'appuie sur des résultats récents obtenus sur des souris de laboratoire. Dont nous nous en faisions l'écho en mai dernier:

«Les souris plus âgées ont paru se recharger de façon soudaine à partir du moment où elles ont reçu du sang neuf, et étaient par exemple capables de parcourir des labyrinthes beaucoup plus rapidement. La question de la durée des effets positifs reste posée dans la mesure où aucune des études ne s'est penchée sur ce problème, mais il semblerait qu'elle pourrait atteindre quelques semaines.»

La transposition de cette expérience très prometteuse sur l'humain s'est donc faite très rapidement. Notamment parce que l'injection de sang humain jeune dans des souris a également permis d'obtenir de bons résultats, mais aussi en raison de l'historique rodé des transfusions sanguines, explique Tony Wyss-Coray au New Scientist, le scientifique qui a mené l'une des expérimentations sur les souris.

Néanmoins, ce dernier rappelle, tout comme en mai dernier à l'annonce des premiers résultats, que l'opération n'est pas à reproduire chez soi. Avis à tous ceux qui seraient tentés par une seconde jeunesse:

«[...] Les transfusions doivent être soumises à des tests de dépistage, se conformer au groupe sanguin et le plasma doit aussi être séparé.»

Par ailleurs, le chercheur ajoute que non, vous ne pouvez pas non plus vous amuser à boire le sang d'un jeunot passant par là.

Si les excellents résultats obtenus sur les souris rendent les chercheurs très optimistes, ils ne souhaitent pas néanmoins transformer cette pratique en traitement thérapeutique permanent. «Qui va donner tout ce sang?», s'enquiert ainsi Francesco Loffredo, qui a mené une expérience similaire à l'université de Harvard, auprès du New Scientist.

L'objectif ici est donc davantage d'identifier les leviers qu'actionne cette transfusion sanguine, dans le but de reproduire le mécanisme dans un médicament. Qui ne demanderait pas autant de sang.

Slate.fr

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